C'était attendu, et anticipé par les marchés: avec une inflation américaine qui vient d'atteindre son plus haut niveau en 30 ans (4,4%), et dont la flambée pourrait se poursuivre avec les hausses de salaires les plus marquées en 20 ans, la Fed se devait de réagir. Par la voix de Jerome Powell, son patron, elle a annoncé la se...

C'était attendu, et anticipé par les marchés: avec une inflation américaine qui vient d'atteindre son plus haut niveau en 30 ans (4,4%), et dont la flambée pourrait se poursuivre avec les hausses de salaires les plus marquées en 20 ans, la Fed se devait de réagir. Par la voix de Jerome Powell, son patron, elle a annoncé la semaine dernière le début de la réduction de son aide à l'économie. Elle va immédiatement réduire ses achats de dette publique. Soit une baisse mensuelle de 10 milliards de dollars sur les obligations du Trésor et de 5 milliards sur les obligations gagées sur des créances immobilières. A ce rythme, l'assouplissement quantitatif version américaine devrait s'achever au mois de juin puisque, jusqu'ici, l'institution rachetait chaque mois pour 80 milliards de dollars des premières et 40 milliards des secondes. Ce calendrier pourrait évidemment être revu si la situation devait se dégrader. Parallèlement, la politique monétaire a été laissée en l'état, avec un taux directeur nul et des taux d'intérêt fédéraux qui ne dépassent pas 0,25%. Par ces actions, la Fed signale qu'une inflation temporairement au-dessus de son objectif de 2% est acceptable. Comme la Banque centrale européenne, elle estime qu'avec des économies qui tournent à plein régime, cette hausse des prix importante ne sera que transitoire - pour autant, évidemment, que l'an prochain, la demande faiblisse un peu, que les pénuries de main-d'oeuvre se résorbent et que les chaînes logistiques d'approvisionnement retrouvent un semblant de normalité. Cette stratégie sous-entend que la Fed ne relèvera pas ses taux avant l'automne prochain...