Les Anglais ont terminé en force la saison sur l'European Tour avec les victoires con-jointes de Matthew Fitzpatrick lors du DP World Champion- ship et de Lee Westwood à la Race to Dubaï. Quelle belle image: d'un côté, Fitzpatrick, 26 ans, visage poupon et symbole de la nouvelle génération ; de l'autre Lee Westwood, 47 ans, barbe grisonnante et toujours le même talent!
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Les Anglais ont terminé en force la saison sur l'European Tour avec les victoires con-jointes de Matthew Fitzpatrick lors du DP World Champion- ship et de Lee Westwood à la Race to Dubaï. Quelle belle image: d'un côté, Fitzpatrick, 26 ans, visage poupon et symbole de la nouvelle génération ; de l'autre Lee Westwood, 47 ans, barbe grisonnante et toujours le même talent! On parle souvent de la toute- puissance actuelle du swing américain. Pour rappel, en cette curieuse année 2020, les joueurs américains ont signé une véritable OPA sur les grands tournois grâce aux succès de Collin Morikawa au PGA Championship, de Bryson DeChambeau à l'US Open et de Dustin Johnson au Masters d'Augusta. Mais fût-il plus discret, le golf anglais a aussi le vent en poupe avec une petite dizaine de représentants dans le top 50 mondial. Matthew Fitzpatrick symbolise ce souffle nouveau. Certes, avec ses airs d'éternel ado, le natif de Sheffield dénote un peu à l'heure où les champions de son âge frap-pent comme des mules et flirtent avec les 300 mètres au drive. Mais, en vérité, son style est bien plus subtil. S'il concède souvent 50 mètres aux plus grands frappeurs, il est, en revanche, d'une précision diabolique dans ses approches et sur le green. Et à l'heure des comptes, il se retrouve souvent devant... Son art du jeu se rapproche, quelque part, de celui de... Lee Westwood, toujours bon pied bon oeil à un âge où certains envisagent une reconversion chez les seniors. Westy avait déjà remporté deux fois l'Ordre du Mérite de l'European Tour: en 2000 et 2009. Le voilà à nouveau perché sur la plus haute marche. Certes, ce cru 2020, amputé de plusieurs tournois, a été très atypique. Mais cela n'enlève rien à sa performance. Vainqueur à Abou Dhabi en janvier, il a fait preuve ensuite d'une grande régularité, collectionnant les places d'honneur. En terminant dans la roue de Fitzpatrick sur le Earth Course de Dubaï, il a donc mis tout le monde d'accord, à la façon d'un maillot jaune n'ayant jamais quitté la tête du peloton. Ajoutant au passage 3 millions de dollars sur son compte. Depuis ses débuts, il a emmagasiné près de 40 millions d'euros de gains. Person- ne n'a fait mieux sur le circuit européen! Avec Fitzpatrick et Westwood pour porte-drapeaux, le golf anglais respire la santé. Il lui reste à présent à confirmer lors des Majors. Ces dernières années, seuls Justin Rose (US Open 2013) et Danny Willett (Masters 2016) ont soulevé un trophée du Grand Chelem. Au British Open, il faut même remonter à Sir Nick Faldo (1992) pour trouver trace d'un lauréat du pays de Sa Gracieuse Majesté. Quelque chose nous dit que Matthew Fitzpatrick fera tout pour mettre fin à cette étonnante disette et pour ramener à la maison la Claret Jug. Miguel Tasso