Il fut un temps où, sous nos contrées, le bon peuple criait le "Roi est mort, vive le Roi". Aujourd'hui, ce serait plutôt la "Bourse recule, vive la Bourse". Etonnant, paradoxal, ce nouveau cri de ralliement? En apparence seulement. Il est vrai que la Bourse n'est pas en grande forme. C'est même un euphémisme: elle n'a pas cessé de chuter depuis le début de l'année. Le Nasdaq, pour ne donner qu'un seul exemple, a perdu 26% depuis le début de l'année en cours. Bien entendu, ce n'est jamais drôle quand on est concerné soi-même. Mais si vous parlez avec des investisseurs aguerris, ils vous diront tous la même chose: c'est une belle claque, mais c'est une claque salutaire! Non pas parce que ces vétérans de la Bourse sont masos ou qu'ils se réjouissent ...

Il fut un temps où, sous nos contrées, le bon peuple criait le "Roi est mort, vive le Roi". Aujourd'hui, ce serait plutôt la "Bourse recule, vive la Bourse". Etonnant, paradoxal, ce nouveau cri de ralliement? En apparence seulement. Il est vrai que la Bourse n'est pas en grande forme. C'est même un euphémisme: elle n'a pas cessé de chuter depuis le début de l'année. Le Nasdaq, pour ne donner qu'un seul exemple, a perdu 26% depuis le début de l'année en cours. Bien entendu, ce n'est jamais drôle quand on est concerné soi-même. Mais si vous parlez avec des investisseurs aguerris, ils vous diront tous la même chose: c'est une belle claque, mais c'est une claque salutaire! Non pas parce que ces vétérans de la Bourse sont masos ou qu'ils se réjouissent du malheur des autres mais, plus simplement, parce que la Bourse vivait dans l'euphorie depuis trop d'années. En réalité, depuis que les banques centrales ont ouvert largement le robinet des liquidités, faisant en sorte que les taux d'intérêt étaient artificiellement proches de zéro pour cent. Or, aujourd'hui, ces mêmes banques centrales referment progressivement le robinet des liquidités. Motif? Elles doivent lutter en priorité contre l'inflation, au risque d'ailleurs de faire dérailler la croissance fragile. Et pour lutter contre l'inflation, il faut passer par la case hausse des taux d'intérêt. Mais, c'est bien connu, la remontée des taux d'intérêt n'est généralement pas bonne pour le marché des entreprises cotées en Bourse et notamment celles qui sont trop endettées. Donc la purge boursière actuelle est bien une claque salutaire car, auparavant, la plupart des sociétés cotées étaient survalorisées, notamment dans le secteur des technologies. Un exemple parmi tant d'autres? En 2020, le constructeur Nikola Motor qui se présentait comme le Tesla des camions était valorisé à 30 milliards de dollars quelques jours après son entrée en Bourse. Pas mal, non? Oui, sauf qu'à l'époque, cette société n'avait pas encore fabriqué un seul véhicule! En d'autres mots, nous sortons d'une période où les taux d'intérêt étaient tellement bas, où les banques centrales intervenaient à tout bout de champ pour éviter un krach boursier, que les investisseurs ont cru que les arbres pouvaient grimper jusqu'au ciel. Aujourd'hui, avec la purge boursière, les investisseurs - les vrais - se réjouissent de voir que, désormais, leur rôle sera enfin reconnu. La Bourse va enfin faire la différence entre les valeurs: les bonnes et les moins bonnes. Et la marée ne montera pas pour tout le monde comme c'était le cas dans l'ancien monde. Quant aux analystes financiers, ils vont enfin pouvoir exercer leur métier qui consiste à séparer le bon grain de l'ivraie. Donc, oui, c'est vrai, derrière la mauvaise nouvelle de la claque boursière, il y en a une bonne: le retour de la rationalité en Bourse. Dans l'ancien monde, comme le disait un commentateur boursier, "l'eau ne mouillait plus et le feu ne brûlait plus". Quant aux cryptomonnaies, elles boivent tellement la tasse que certains sites de trading aux Etats-Unis donnent les adresses de centres de prévention du suicide. L'occasion pour votre serviteur de rappeler que si l'être humain restera toujours motivé par l'appât du gain, ce dernier doit garder en tête qu'en matière de placement sur les cryptomonnaies, il ne faut y mettre que ce que l'on est prêt à perdre. Bref, éviter les effets de levier. Quant à ceux ou celles qui me diront qu'il faut regarder tout cela sur le long terme, je répondrai en paraphrasant la citation de Benjamin Franklin: à long terme, les deux seules choses qui soient certaines sont la mort et les... impôts!