Assez curieusement, Laurie Pilo a une formation très éloignée du commerce ou des ressources humaines, deux piliers importants de son métier aujourd'hui. A Aix-en-Provence, elle a décroché un doctorat en droit de la sécurité sociale et de la santé. " C'est un peu la conséquence de la difficulté d'être jeune, explique-t-elle. J'ai été poussée à faire des études. Mes parents voulaient que je sois docteur en médecine. Mais les matières scientifiques ne m'excitaient pas vraiment. J'étais plus portée sur le droit, l'économie, le commercial. Et je suis arrivée en droit un peu par hasard. J'ai aimé cette période. En master, un prof m'a dit 'Jusqu'ici, vous avez appris le droit par coeur, maintenant, je vais vous apprendre à le challenger, à jouer de ses failles'. Et là, j'ai comm...

Assez curieusement, Laurie Pilo a une formation très éloignée du commerce ou des ressources humaines, deux piliers importants de son métier aujourd'hui. A Aix-en-Provence, elle a décroché un doctorat en droit de la sécurité sociale et de la santé. " C'est un peu la conséquence de la difficulté d'être jeune, explique-t-elle. J'ai été poussée à faire des études. Mes parents voulaient que je sois docteur en médecine. Mais les matières scientifiques ne m'excitaient pas vraiment. J'étais plus portée sur le droit, l'économie, le commercial. Et je suis arrivée en droit un peu par hasard. J'ai aimé cette période. En master, un prof m'a dit 'Jusqu'ici, vous avez appris le droit par coeur, maintenant, je vais vous apprendre à le challenger, à jouer de ses failles'. Et là, j'ai commencé à m'amuser. Mais, honnêtement, j'aurais dû faire des études de commerce. Et comme je voulais vraiment travailler dans le domaine du business, je suis montée à Paris. " Elle décroche alors un emploi auprès de l'Oniam, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux. Un service public nouvellement créé. " Malheureusement, je me suis vite rendu compte que ce n'était pas pour moi. J'y faisais plus de projets que d'opérationnel. Le temps est lent dans les administrations. Il est nécessaire aux choses mais ce n'est pas le mien. J'ai besoin de deadlines serrés et de pression positive. " Par hasard, elle tombe sur une entreprise qui cherche une juriste. Cette entreprise, Alma Consulting Group, elle ne la quittera plus même si, aujourd'hui, suite à la fusion avec Lowendalmasaï, la société s'appelle désormais Ayming. " J'ai d'abord été consultante junior, en charge de l'optimalisation des charges sociales des entreprises. Notamment la gestion d'un taux particulier lié aux accidents de travail. Comme j'avais de l'appétence commerciale, je suis vite passée senior. Au bout de quatre ans, j'en avais fait le tour. Et comme j'ai besoin que cela bouge, je commençais à m'ennuyer... " La société lui propose alors de développer la HR performance à l'international avec, au départ, quelques stagiaires. " La société est une pionnière du domaine en France et elle voulait s'étendre. Pendant quatre ans, j'ai participé à cette expansion en Belgique, en Espagne, en Pologne, en Tchéquie, au Canada, etc. Quatre ans plus tard - à croire qu'ils connaissaient mon seuil d'ennui (rire) -, on m'a proposé de prendre les rênes de notre filiale belge pour la développer : challenge accepté ! En 2013, nous étions cinq personnes. Aujourd'hui ? Nous sommes 24 ! " En Belgique, Laurie Pilo est devenue directrice générale et supervise quatre lignes d'offres liées à l'amélioration de la performance des entreprises : financement de l'innovation, optimisation des opérations, HR performance et fiscalité. Mais au fait, le seuil des quatre années est quasiment atteint... " Oui, mais je vais rester ici. La Belgique est devenue mon pays. La multiplicité des secteurs, la complexité institutionnelle, l'aspect cosmopolite impliquent une belle agilité pour répondre aux besoins. Ce monde qui bouge vite est fait pour moi, je m'y sens comme un poisson dans l'eau. " Et la diversité culturelle, Laurie Pilo connaît cela. Elle parle français avec un accent typique mais aussi néerlandais avec des intonations hollandaises très marquées. Mais ce n'est pas tout, l'arabe n'a pas plus de secrets pour elle. " Mon papa est marocain et ma maman néerlandaise. J'ai d'ailleurs vécu au Maroc jusqu'à mes 17 ans. Et même si j'ai fait mes études en France, je ne suis pas française du tout. Je possède deux passeports : un marocain et un néerlandais. Mais le Maroc ne me manque pas. Vous savez, les pays importent peu, seules les rencontres comptent... " Xavier Beghin" La Belgique est devenue mon pays. La multiplicité des secteurs, la complexité institutionnelle, l'aspect cosmopolite impliquent une belle agilité pour répondre aux besoins. "