C'est une mise au point nette et brutale. Le boss s'appelle Xi Jinping et il tient l'économie chinoise d'une main ferme. Jack Ma, le mythique patron d'Alibaba, a eu l'outrecuidance de critiquer les régulateurs bancaires chinois en octobre lors d'une conférence à Shanghai. " Nous ne pouvons réguler le futur avec d...

C'est une mise au point nette et brutale. Le boss s'appelle Xi Jinping et il tient l'économie chinoise d'une main ferme. Jack Ma, le mythique patron d'Alibaba, a eu l'outrecuidance de critiquer les régulateurs bancaires chinois en octobre lors d'une conférence à Shanghai. " Nous ne pouvons réguler le futur avec des outils d'hier ", avait-il déclaré. Le retour de bâton est cinglant. Ce qui prouve que tout aussi puissant économiquement qu'il soit, Jack Ma, pourtant membre du parti, n'est pas à l'abri de la colère de Pékin. La semaine dernière, 48 heures avant ce qui s'annonçait comme la plus grande entrée en Bourse de l'histoire (34 milliards de dollars prévus contre les 29 milliards de Saudi Aramco), le patron d'Alibaba a été contraint d'arrêter l'IPO d'Ant Financial, son bras armé financier. La cotation à Hong Kong et Shanghai est reportée de minimum six mois. La Bourse de Shanghai a en effet suspendu tout le processus pour risque de défaut d'information ou de non-respect des conditions d'émission. Cette décision est survenue au lendemain d'une convocation de Ma à comparaître devant des représentants de la banque centrale, du régulateur boursier et du régulateur bancaire. Il lui a été notifié que sa société allait être suivie de près et qu'elle pourrait être soumise aux mêmes restrictions de capital et de levier que les banques chinoises. C'est clairement une reprise en main par le pouvoir du secteur des fintechs. Ainsi, l'Etat répond également aux demandes des banques qui ne comprennent pas pourquoi les fintechs n'ont pas les mêmes obligations.