L'Open d'Espagne se dispute, cette fin de semaine, sur le prestigieux parcours du Club de Campo Villa de Madrid. Le tournoi, né en 1972, est un grand classique du circuit européen et sert traditionnellement de vitrine pour ce sport.
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L'Open d'Espagne se dispute, cette fin de semaine, sur le prestigieux parcours du Club de Campo Villa de Madrid. Le tournoi, né en 1972, est un grand classique du circuit européen et sert traditionnellement de vitrine pour ce sport. L'Espagne est un cas à part sur la planète golf. Un peu comme chez nous, la discipline y souffre d'une image plutôt élitiste malgré la création récente de nombreux parcours publics. Certes, le nombre de licenciés est à la hausse. On en recensait à peine 45.000 en 1990 et on en dénombre plus de 270.000 aujourd'hui. Mais on est loin des chiffres de l'Angleterre (650.000), de la France (420.000) ou même de la Suède (500.000). Au pays du football-roi, la discipline est d'ailleurs très peu médiatisée. Et pourtant, elle collectionne, de génération en génération, les grands champions. Le légendaire Severiano Ballesteros, décédé en 2011, avait montré la voie dans les années 1970. Issu d'un milieu modeste, l'ancien caddie du club de Pedrena, en Cantabrie, avait popularisé le golf aux quatre coins du monde grâce à un jeu hyper spectaculaire et un merveilleux charisme. Vainqueur de deux Masters et de trois British Open, Seve suscita de multiples vocations auprès des jeunes et mit définitivement l'Espagne sur la carte du golf. C'est lui qui, par exemple, permit à Valderrama de devenir le premier club d'Europe continentale à accueillir la Ryder Cup en 1997. Depuis, l'Espagne swingue sur le même air gagnant grâce à des joueurs comme Jose- Maria Olazabal, Miguel Angel Jimenez, Sergio Garcia, Rafael Cabrera-Bello ou le jeune Jon Rahm. Avec, en toile de fond, un style de jeu très intuitif basé sur le talent naturel et, surtout, des mains d'artistes. Une vraie marque de fabrique, un peu comme le toucher de balle en tennis. Comment expliquer cette success story ? A défaut d'être populaire, le golf espagnol est bien structuré avec, en tête de coupole, le Centre National de Madrid où les meilleurs jeunes espoirs peuvent désormais combiner études et golf de haut niveau dans des conditions d'entraînement exceptionnelles. C'est là, par exemple, que Jon Rahm a fait ses classes avant de rejoindre la filière universitaire américaine. Le pays compte, par ailleurs, plus de 450 parcours. C'est beaucoup. L'industrie du golf est, il est vrai, un de ses grands atouts touristiques pour attirer les visiteurs étrangers, notamment en hiver. Plus d'un million de joueurs - essentiellement des Britanniques et des Scandinaves - chassent, chaque année, le birdie au pays de Ballesteros. On évalue à 2 milliards d'euros le chiffre d'affaires annuel global généré par ce sport-loisir dans le pays. Voilà qui forcément génère quelques dividendes à tous les étages. Tout n'est pourtant pas rose. Avant la grave crise financière de 2008, cinq ou six tournois de l'European Tour se disputaient en Espagne. Depuis, les sponsors ont serré les budgets et on n'en dénombre plus que deux. Dans ce contexte, l'Open national de cette semaine sera un test intéressant.