" Après l'artisanat puis l'industrialisation de masse, nous assistons à l'émergence de l'industrie 4.0, celle de la production d'objets personnalisés en petite quantité. L'impression 3D implique une certaine forme de délocalisation de la chaîne de production, avec la création d'une multitude de petites usines. L'aspect positif, c'est que l'objet demandé par le client est imprimé localement. Cela implique aussi une rel...

" Après l'artisanat puis l'industrialisation de masse, nous assistons à l'émergence de l'industrie 4.0, celle de la production d'objets personnalisés en petite quantité. L'impression 3D implique une certaine forme de délocalisation de la chaîne de production, avec la création d'une multitude de petites usines. L'aspect positif, c'est que l'objet demandé par le client est imprimé localement. Cela implique aussi une relocalisation de certains métiers. Pour faire fonctionner et pour entretenir le matériel, il faut des techniciens, comme on en a dans l'industrie classique. Il faut aussi des graphistes, des ingénieurs, des designers. Dans ce secteur, la valeur ajoutée se situera au niveau de la propriété intellectuelle. Si l'impression en elle-même est un processus relativement simple à maîtriser, et plutôt bon marché (une bobine de fil plastique coûte 25 euros), l'étape la plus complexe est celle de la création du fichier numérique à partir duquel se fera l'impression. C'est sur ce travail intellectuel à haute valeur ajoutée que nos entreprises pourront faire la différence. Par contre, le développement de l'impression 3D ne signifie pas que les gros centres de production disparaîtront. Les grandes usines resteront pertinentes pour la production en série de volumes importants d'objets. Ces usines utiliseront de plus en plus l'impression 3D dans leur chaîne de fabrication. Certains acteurs, comme 3D Systems, rêvent même de remplacer les usines traditionnelles par des procédés d'impression 3D à grande échelle. C'est envisageable, d'autant que les matériaux continueront à s'améliorer et se diversifier : certaines imprimantes utilisent déjà différentes qualités de plastique, mais aussi des composés de bois, de bronze, de laiton ou des matériaux conducteurs d'électricité. A côté de ces grandes usines se développeront aussi de véritables " fermes " d'imprimantes 3D qui regroupent des machines permettant de créer de façon ultra- personnalisée n'importe quel objet à usage professionnel (matériel de dentisterie, pièce mécanique, outil, etc.) ou privé (meuble, assiette, brosse à dents, sac, etc.). "