Cela fait presque six ans maintenant que Thomas Troupin et son épouse Marie-Charlotte Portois, deux anciens de L'Air du temps de Sang-Hoon Degeimbre, se sont installés dans une ancienne menuiserie appartenant à leur famille, à Champagne. Un hameau des cantons de l'Est, situé non loin de Malmedy et des Hautes Fagnes, que ce couple explosif a réussi à placer sur la carte de bien des gourmets.
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Cela fait presque six ans maintenant que Thomas Troupin et son épouse Marie-Charlotte Portois, deux anciens de L'Air du temps de Sang-Hoon Degeimbre, se sont installés dans une ancienne menuiserie appartenant à leur famille, à Champagne. Un hameau des cantons de l'Est, situé non loin de Malmedy et des Hautes Fagnes, que ce couple explosif a réussi à placer sur la carte de bien des gourmets. Membre du collectif Génération W, étoilé depuis 2014, Troupin fait en effet partie des jeunes chefs wallons les plus prometteurs. D'autant qu'en salle, sa charismatique épouse assure un accueil diablement sympathique, tout en sélectionnant de beaux vins de petits producteurs, avec de nombreuses découvertes à la clé. Généreux, le jeune couple a voulu son restaurant accessible, avec une large gamme de menus à trois, quatre, six ou neuf services (45, 55, 75 ou 115 euros, plus 17, 25, 40 ou 85 euros pour les vins). Ceux-ci permettent de découvrir la cuisine personnelle de Troupin, qui met un point d'honneur à dénicher les meilleurs produits de sa région. En mises en bouche, dans un jus iodé accompagnant des poireaux grillés du jardin et du merlan en gravlax, on retrouve ainsi la moutarde de Montjoie, petit village de carte postale situé juste de l'autre côté de la frontière allemande. Mais aussi le valèt, fromage de Waimes, travaillé ici en croquette. Tandis que la truite d'Ondenval, élevée à Waimes également, est par exemple proposée " au vert ", avec un pesto d'herbes fraîches. Avant la fermeture de la ferme de Sohan à Pepinster, le chef cuisinait les derniers pigeons façon pithiviers. Si le chef avoue ne pas maîtriser la technique du feuilletage comme Karen Torosyan au Bozar Restaurant, le résultat est appétissant et les saveurs au rendez-vous, avec du chou du jardin et un jus de pigeon à la truffe noire du Vaucluse. Troupin travaille également avec son voisin Lothar Vilz. Il magnifie son veau limousin (45 euros à la carte) en jouant la carte de la simplicité. Cuite à la braise, la viande est proposée avec un condiment à l'ortie et ail noir, du topinambour rôti à la camomille et un jus végétal d'aubépine très corsé. L'idée étant ici d'harmoniser les ingrédients dont se nourrissent les vaches dans les champs, à Mürringen... Tandis que le chef transforme le foin du fermier en une délicieuse crème glacée au jus de kombucha, servie avec quelques fruits confiturés. Presqu'un sans-faute pour le chef qui, on apprécie aussi, remet au goût du jour la découpe en salle. Comme quoi, on peut proposer une cuisine contemporaine et locale avec quelques réminiscences du passé. Une vraie personnalité, ce Thomas Troupin !