"Comment fait-on pour se lever tous les matins et se dire que son travail a un sens quand on est hanté par des questions qui sont : est-ce que j'ai choisi la bonne cause ? Et si j'ai choisi la bonne cause, est-ce que j'en fais assez ? (...) Pour moi, c'est un mystère. Dès que je m'engage, j'ai toujours des doutes qui viennent me paralyser ", raconte Alice Zeniter qui pu...

"Comment fait-on pour se lever tous les matins et se dire que son travail a un sens quand on est hanté par des questions qui sont : est-ce que j'ai choisi la bonne cause ? Et si j'ai choisi la bonne cause, est-ce que j'en fais assez ? (...) Pour moi, c'est un mystère. Dès que je m'engage, j'ai toujours des doutes qui viennent me paralyser ", raconte Alice Zeniter qui publie son nouveau roman Comme un empire dans un empire. C'est le sixième texte (déjà) de cette écrivaine qui, à 34 ans à peine, a été récompensée par le Prix Inter pour Sombre dimanche (2013) et par le Goncourt des lycéens pour L'Art de perdre qui avait également remporté un grand succès public. Ici, on suit Antoine, attaché parlementaire, qui a choisi la voie de la " politique politicienne " et le Parti socialiste français des années 2000, " une institution à laquelle il pouvait s'adosser ". L, quant à elle, n'a pas de grande structure pour la protéger, si ce n'est ce monde du dedans, celui du Net à ses débuts. " Le dehors appartenait depuis trop longtemps aux autres pour que L puisse y avoir sa place ", écrit Alice Zeniter. " On est une génération de bascule ", explique encore l'autrice, qui n'a pas grandi avec les alertes sur les extinctions des espèces et l'épuisement des ressources, réalités qu'elle a dû intégrer en grandissant. " Comme les paradigmes de mon enfance sont faux, comment repenser mon engagement politique ? ", s'interroge-t-elle. A ses yeux, ce livre en est un moyen. Qualifié par certains de " roman à thèse " - il est vrai que ses personnages ont un côté archétypal - Comme un empire dans un empire a l'ambition de former une grande fresque de l'époque. A-t-elle vu trop grand ? Non, Alice Zaniter voit juste, au contraire. Et elle s'en sort magnifiquement bien.