Né le 10 mars 1920 dans une famille nantie et mort précocement 39 ans plus tard (lors de la projection de l'adaptation ciné de son roman J'irai cracher sur vos tombes), Boris Vian vaut bien une messe. Laïque forcément. Synchro à la diffusion d'un intéressant documentaire passé sur France 3, disponible en rediffusion sur le site d...

Né le 10 mars 1920 dans une famille nantie et mort précocement 39 ans plus tard (lors de la projection de l'adaptation ciné de son roman J'irai cracher sur vos tombes), Boris Vian vaut bien une messe. Laïque forcément. Synchro à la diffusion d'un intéressant documentaire passé sur France 3, disponible en rediffusion sur le site de France Télévisions jusqu'au 13 avril, un copieux coffret raconte ce créateur multiple. Chanteur, compositeur, écrivain, inventeur, trompettiste, pataphysicien, traducteur, chroniqueur, aussi féru de jazz que de langue française fertile, ce grand maigre fut un boulimique de travail. Un coffret intitulé Boris Vian 100 chansons rappelle son inventivité libertaire, son incongruité narrative et un indéniable sens de l'humour. La matière des six vinyles et quatre CD de cette édition limitée et numérotée a été initialement compilée dès les années 1960 par Jacques Canetti, découvreur de Vian musicien, mais a été intégralement remastérisée il y a peu. Accompagné d'un livret de 32 pages riche en photos - confirmant la ressemblance entre l'artiste et l'actuel président français - l'objet montre aussi combien Boris Vian a profité de l'interprétation d'autrui. Mouloudji, dès les années 1950, transforme Le déserteur, en hymne antimilitariste et, au milieu de la décennie suivante, Jacques Higelin introduit le répertoire viannesque auprès du public d'avant-Mai 1968. Sans oublier Henri Salvador qui interprétera pas moins de 40 morceaux de Vian. Une sacrée saga incluant entre autres Serge Reggiani, Philippe Clay, Judith Magre, le Golden Gate Quartet ou Magali Noël.