Pour la première fois de l'année, l'European Tour fait, cette semaine, escale sur le Vieux Continent à l'occasion du British Masters. Jusqu'ici, tous les tournois se sont disputés hors des frontières européennes : en Asie, en Océanie, au Moyen-Orient et en Afrique ! " Le Canadien Keith Pelley, CEO du circuit européen, voit grand et veut ouvertement concurrencer le PGA Tour américain. Il a noué des accords avec d'autres circuits et été à la base de la naissance des Rolex Serie ", résume Vincent Borremans, manager de Nicolas Colsaerts et Thomas Detry.
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Pour la première fois de l'année, l'European Tour fait, cette semaine, escale sur le Vieux Continent à l'occasion du British Masters. Jusqu'ici, tous les tournois se sont disputés hors des frontières européennes : en Asie, en Océanie, au Moyen-Orient et en Afrique ! " Le Canadien Keith Pelley, CEO du circuit européen, voit grand et veut ouvertement concurrencer le PGA Tour américain. Il a noué des accords avec d'autres circuits et été à la base de la naissance des Rolex Serie ", résume Vincent Borremans, manager de Nicolas Colsaerts et Thomas Detry. Mais les résultats de cette stratégie sont plutôt mitigés. Pour contrer ces rêves de grandeur, le PGA Tour n'a pas tardé, en effet, à réagir en modifiant son calendrier et en obligeant les joueurs à jouer au minimum 15 tournois par an pour mieux les retenir. Du coup, le tout-puissant circuit américain est clairement en train de remporter le bras de fer. Ce n'est pas un hasard si la plupart des meilleurs joueurs européens (Justin Rose, Rory McIlroy, Francesco Molinari, Henrik Stenson, Jon Rahm, Sergio Garcia, etc.) ont élu résidence de l'autre côte de l'Atlantique. Ils savent que c'est the place to be tant au niveau sportif que financier. " La bataille n'est pas équitable. Grâce à la manne des droits de télévision (500 millions de dollars par an), les prize-moneys du PGA Tour sont bien supérieurs à ceux du circuit européen. Aux States, le golf est un sport national. La plupart des grandes entreprises de Wall Street sponsorisent l'un ou l'autre tournoi. Et, en prime, les organisateurs bénéficient de déductions fiscales importantes en associant leur compétition à des oeuvres caritatives ", poursuit Vincent Borremans, très bien introduit dans les coulisses du golf international. Bref, le circuit américain dicte, plus que jamais, sa loi sur les greens de la planète golf. " A plus ou moins court terme, je ne serais d'ailleurs pas surpris qu'il prenne carrément le contrôle de l'European Tour. Il a déjà agi de la sorte en faisant main basse sur le Tour chinois. Le PGA Tour deviendrait alors une sorte de Champions League mondiale, réservée à l'élite. Et, parallèlement, il y aurait des circuits continentaux de deuxième zone pour les autres joueurs avec des tournois bien moins dotés qui serviraient notamment de rampe de lancement pour les jeunes talents. " Aujourd'hui, financièrement, la plupart des tournois du circuit européen tirent le diable par la queue. Faute de pouvoir attirer les stars du circuit, les revenus du sponsoring et les droits de télévision sont à la baisse. Dans de nombreux cas (comme pour le Belgian Knockout de Rinkven), l'European Tour est même obligé d'y aller de sa poche pour équilibrer les budgets. C'est un cercle vicieux. " Sans les rentrées liées aux bénéfices de la Ryder Cup, que se partagent alternativement Européens et Américains, les caisses seraient vides depuis longtemps ! "