Soyons de bon compte, l'endroit est juste magnifique. Progressivement abandonné après sa vente par la Province de Luxembourg en 1991, le Château de Mirwart vit une véritable renaissance depuis août 2021. Racheté par John Eyers, du célèbre bureau d'architecture Jaspers-Eyers, il a été merveilleusement rénové avec l'aide de l'Agence wallonne du patrimoine, puisqu'il s'agit d'un monument classé. Niché sur une éminence au coeur de la forêt de Saint-Hubert, le château est devenu un hôtel-restaurant de standing et un lieu couru pour les événements. Thomas Meunier, le Diable rouge, y a d'a...

Soyons de bon compte, l'endroit est juste magnifique. Progressivement abandonné après sa vente par la Province de Luxembourg en 1991, le Château de Mirwart vit une véritable renaissance depuis août 2021. Racheté par John Eyers, du célèbre bureau d'architecture Jaspers-Eyers, il a été merveilleusement rénové avec l'aide de l'Agence wallonne du patrimoine, puisqu'il s'agit d'un monument classé. Niché sur une éminence au coeur de la forêt de Saint-Hubert, le château est devenu un hôtel-restaurant de standing et un lieu couru pour les événements. Thomas Meunier, le Diable rouge, y a d'ailleurs fêté son mariage il y a quelques semaines. Le château et les chambres ont été rénovés avec respect et sans luxe ostentatoire. Mais le diable se niche toujours dans les détails. Suite à un problème dans la chambre réservée, la réception n'a pas transigé une seule seconde et nous a relogés dans une des suites libres. Beau geste qui sera gâché par la suite. Nous avions en effet choisi le Château de Mirwart pour tester la cuisine de Pajtim Bajrami. Las! le chef flamand médiatique, très bien coté dans son restaurant précédent à Saint-Trond, ne hante plus le château depuis quelques semaines. Pas un mot à ce sujet pourtant sur le site internet ni sur la page Facebook où le dernier post, à l'heure d'écrire ses lignes, datait de la fin mai. Or, on sait maintenant que Bajrami va reprendre après l'été La Fourchette, le resto étoilé de Luc Bellings, dans le Limbourg. Depuis ce départ, un chef intérimaire officie donc dans les cuisines et devrait céder sa place sous peu au futur titulaire dont le personnel de salle ne semble même pas connaître le nom. Quant au menu annoncé sur le site, s'il est servi d'office le samedi (c'est clairement indiqué) il ne l'est que sur commande les autres jours (ce qui n'est pas indiqué, par contre...). Nous en avons été réduits à manger à la carte (un choix de trois entrées, trois plats et trois desserts). Il n'y avait pas la moindre carte de vins, juste deux vins blancs et deux rouges, disponibles au verre et à la bouteille (55 euros chacune! ). Les assiettes avaient fière allure mais... La sole avec poireaux et sauce au vin jaune était plus que tiède. La langoustine annoncée tartare et mi-cuite était trop... cuite et molle. Rien à reprocher au consommé de fruits rouges, au cappuccino d'herbes vertes et crevettes grises ou au moelleux au chocolat mais pas de quoi s'ébaudir non plus. Avec la coupe de Billecart-Salmon tarifée à 24 euros, l'addition finale fut salée pour un repas très moyen: 289,50 euros. On peut admettre que des changements de chef soient délicats. Mais plutôt que de ne rien dire au client avant ou lors de son arrivée, la transparence aurait dû être de mise...