En imposant des droits de douane sur l'acier et sur l'aluminium, Donald Trump se trompe de combat. Motif ? Chacun sait qu'il veut en réalité combattre la Chine, mais en agissant à chaud, il va surtout faire mal à ses alliés plutôt qu'à son concurrent chinois. Les Anglo-Saxons ont d'ailleurs une superbe maxime pour résumer ce genre de situation : " A la guerre, la première victime, c'est toujours la vérité ".
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En imposant des droits de douane sur l'acier et sur l'aluminium, Donald Trump se trompe de combat. Motif ? Chacun sait qu'il veut en réalité combattre la Chine, mais en agissant à chaud, il va surtout faire mal à ses alliés plutôt qu'à son concurrent chinois. Les Anglo-Saxons ont d'ailleurs une superbe maxime pour résumer ce genre de situation : " A la guerre, la première victime, c'est toujours la vérité ". Bien entendu, le rappel de cette maxime vise évidemment le discours ultra-simpliste de Donald Trump. Pour lui, la vie est simple : elle se résume à un " gagnant-perdant ". Ce qu'un pays gagne d'un côté, un autre pays le perd de l'autre côté. En réalité, rien n'est plus faux. A la suite de mes confrères du Figaro, prenons l'exemple de l'iPhone, produit le plus représentatif de la mondialisation. Si vous jetez un coup d'oeil au dos de ce smartphone, vous verrez rédigé en anglais : Designed by Apple in California. Assembled in China. Autrement dit, " conçu en Californie et assemblé en Chine ". Rien n'est plus faux que ce slogan. Dans les faits, le quotidien libéral français a raison de rappeler qu'à peine 6,5 % de la valeur de ce smartphone émane de la Chine ! Le reste provient du travail et du talent d'une demi-douzaine d'autres pays ! Rappel salutaire du Figaro car, aujourd'hui, les chaînes de production sont éclatées sur plusieurs pays. Autrement dit, un produit de consommation courant traverse plusieurs frontières avant d'atterrir dans un magasin ou un supermarché chez nous. Bref, quand Donald Trump veut taxer un pays, il taxe en réalité plusieurs pays à la fois. Pour l'acier, c'est la même erreur de raisonnement. Officiellement, le président américain veut en découdre avec la Chine, mais l'empire du Milieu n'est que le 11e fournisseur d'acier des Etats-Unis. Pire encore, ce pays exporte moins de 1 % de son aluminium vers les Etats-Unis. En revanche, les droits de douane mis en place par Donald Trump vont provoquer des dégâts chez ses alliés (Brésil, Corée du Sud, etc). Par ses discours simplistes et ses agissements à l'emporte-pièce, Donald Trump démarre " une guerre commerciale en gênant ses alliés au lieu de les mobiliser ", comme le note Le Figaro. Il risque de faire mal à son peuple qu'il est censé défendre. Pour des motifs électoraux, Donald Trump a choisi de défendre les fabricants d'acier et d'aluminium de son pays sans se demander pourquoi ils sont moins compétitifs que leurs homologues étrangers. C'est ce qu'on appelle du capitalisme de copinage. Un système aux antipodes du libéralisme. Et le New York Times rappelle cruellement que les droits de douane imposés aux biens importés de l'étranger seront largement compensés par des droits de douane sur les services exportés américains ! En d'autres mots, l'industrie qui fait vivre peu de personnes aux Etats-Unis sera protégée au détriment du secteur des services qui emploie l'immense majorité des Américains. Le Figaro a raison de préciser que, pour les Occidentaux, l'Amérique fait penser à la Vieille dame indigne. Les cinéphiles se souviennent de ce film tiré d'une nouvelle de Bertolt Brecht et racontant les aventures d'une femme âgée qui n'en fait qu'à sa tête une fois qu'elle a élevé ses enfants.