Tous les jours, nous parviennent de Syrie des images horribles d'un conflit qui nous semble insoluble et particulièrement destructeur. Pourtant, croire que la vie s'est arrêtée est un leurre. Les chroniques de François Janne d'Othée, qui s'est rendu pour Le Vif-L'Express plusieurs fois à...

Tous les jours, nous parviennent de Syrie des images horribles d'un conflit qui nous semble insoluble et particulièrement destructeur. Pourtant, croire que la vie s'est arrêtée est un leurre. Les chroniques de François Janne d'Othée, qui s'est rendu pour Le Vif-L'Express plusieurs fois à Damas, à Alep ou à Homs, nous font rencontrer celles et ceux qui sont restés et ont tenté de mener l'existence la plus normale qui soit, par exemple en tenant un commerce, en allant à l'école ou en menant une activité artistique. Qu'on ne s'y trompe pas, le pays ne sera plus jamais le même. Mais ceux qui prévoyaient la chute du régime lors des premières manifestations de 2011 doivent bien se résoudre aujourd'hui à voir Bachar el-Assad partie prenante de la résolution du conflit. Lucide sur la nature du pouvoir alaouite autoritaire, le journaliste se montre toutefois très critique sur l'attitude occidentale de soutien indéfectible, du moins dans un premier temps, à une rébellion éclatée et gangrenée par les groupuscules islamistes. A une presse restée trop longtemps aveuglée par l'effervescence des combats, l'auteur oppose une prise du pouls de l'arrière-front, en restant en contact avec une société qui sait que la plus dure bataille, celle de la reconstruction et de la réconciliation, est encore à venir. Et elle ne se mènera pas par les armes.