Le temps semble s'être arrêté chez Sophie & Nicolas. Situé dans une jolie chaumière de pierres posée juste en face de l'Ourthe, au débit agité, ce petit restaurant séduit avant même que l'on y pénètre. Une fois la porte poussée, l'impression chaleureuse se confirme. On est accueilli avec le sourire par Sophie, la maîtresse de maison, avant de prendre place dans l'une des deux petites salles à la déco hétéroclite, ravi de se réchauffer à la belle flambée. Au-dessus de la cheminée, une impressionnante collection de montres à gou...

Le temps semble s'être arrêté chez Sophie & Nicolas. Situé dans une jolie chaumière de pierres posée juste en face de l'Ourthe, au débit agité, ce petit restaurant séduit avant même que l'on y pénètre. Une fois la porte poussée, l'impression chaleureuse se confirme. On est accueilli avec le sourire par Sophie, la maîtresse de maison, avant de prendre place dans l'une des deux petites salles à la déco hétéroclite, ravi de se réchauffer à la belle flambée. Au-dessus de la cheminée, une impressionnante collection de montres à gousset attire l'attention. Pourtant, ici, on est loin d'être pressé... Au contraire, on a envie de prendre son temps pour profiter de la cuisine bistronomique de Nicolas, déclinée en menus trois-cinq-sept services (40-57-72 euros). A accompagner d'une sélection de vins (+ 20-25-30 euros) ou d'une bonne bouteille. A la carte, essentiellement française, on déniche un excellent Sankt Laurent 2018, tout en élégance, de Rosi Schuster, dans le Bürgenland autrichien (42 euros). Après des mises en bouche travaillées (dont on retient un petit chou farci d'une maquée au raifort et aux premières herbes sauvages ou une décadente brochette de lard et sabayon moutardé), la tension retombe un peu face à des entrées très joliment dressées, créatives, mais qui manquent de franchise et de longueur. Que ce soit le foie gras et chowder d'anguille fumée (26 euros à la carte) ou la Saint-Jacques d'Erquy (26 euros), juste snackée et servie avec une salade de lentilles que l'on aurait aimée relevée d'une touche de vinaigre. Le chef sort par contre de très beaux plats. Comme ce filet de skrei proposé avec une déclinaison de céleri-rave et un bouillon de queue de boeuf (24 euros en entrée, 28 en plat). Tandis que le veau (28 euros), servi rosé, est franchement gourmand avec sa purée de pomme de terre fumée, son bon jus de cuisson et les repousses de chou de Bruxelles et de kale en direct du jardin. Puisqu'on est si bien en Wallonie, on y reste pour la généreuse assiette de fromages au lait cru (10 euros) servis à parfaite température et bien choisis. On y découvre notamment, à côté du classique Herve du Vieux Moulin de chez Madeleine, du Bernister fleuri ou du Valèt de Waimes. On reste en province de Liège avec le chocolat Benoît Nihant (11 euros) décliné en belles textures avec un sorbet aux baies d'argousier. Un beau dessert pas trop sucré, avec une belle acidité qui donne des envies de revenez-y !