Il s'agit d'une histoire belge mais ni drôle, ni incompréhensible, ni absurde. Enfin si, absurde, elle l'est un rien puisqu'à son inauguration, le bâtiment qui nous concerne n'est pas supposé survivre à l'Expo universelle qui se tient alors sur le plateau du Heysel, du 17 avril au 19 octobre 1958. Sans aucun doute, le considérable succès auprès des visiteurs de cet énorme édifice de 102 mètres d...

Il s'agit d'une histoire belge mais ni drôle, ni incompréhensible, ni absurde. Enfin si, absurde, elle l'est un rien puisqu'à son inauguration, le bâtiment qui nous concerne n'est pas supposé survivre à l'Expo universelle qui se tient alors sur le plateau du Heysel, du 17 avril au 19 octobre 1958. Sans aucun doute, le considérable succès auprès des visiteurs de cet énorme édifice de 102 mètres de haut et 2.400 tonnes a-t-il pesé dans la balance. Et donc dans la décision de ne pas démonter ces neuf boules d'aluminium et d'acier inoxydable vite devenues le symbole de Bruxelles. Six décennies et des poussières plus tard, l'Atomium reste le plus visité des monuments bruxellois (650.000 tickets vendus à l'année) et pour cause: lorsqu'on l'aborde par un très beau jour de fin mars, même quand c'est au moins pour la dixième fois, l'impressionnante vision persiste, surtout depuis sa rénovation entreprise entre 2004 et 2006. A l'intérieur, l'Atomium garde une exposition permanente sur l'histoire du lieu, un rien désuète. Aujourd'hui, il voit aussi sa direction (et celle du voisin Design Museum Brussels) désormais assurée par Julie Almau Gonzalez (40 ans), autrefois seconde de l'ex-boss du site, Henri Simons. Cette diplômée en histoire contemporaine a pour projet d'intensifier les liens avec le public bruxellois et les plus jeunes visiteurs. Elle envisage donc une "programmation plus riche, comprenant éventuellement des concerts et un espace de dégustation". L'actuelle expo ID#2021-Symbol va-t-elle déjà dans ce sens? Elle propose en tout cas une attraction délivrée en quatre étapes et plusieurs niveaux, gérée par le collectif d'artistes parisiens Visual System dont c'est la cinquième collaboration avec l'Atomium. Néons trouant les très basses lumières, escalators évoquant des navettes spatiales, sensation de labyrinthe coloré: l'expo, un rien casse-gueule pour les myopes, est accompagnée de sons multiples, dont des choeurs répétitifs, joueurs de mantras.