La petite vingtaine, Kenzo Li est un jeune chef wallon prometteur. C'est lui que Guillaume Gersdorff (le fils de Benoît Gersdorff, étoilé en son temps à L'Essentiel à Temploux) a choisi pour cuisiner à La Table de Demain, resto à la déco contemporaine installé au rez-de-chaussée du bâtiment Delta, la nouvelle maison de la culture de Namur, en bord de Sambre.
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La petite vingtaine, Kenzo Li est un jeune chef wallon prometteur. C'est lui que Guillaume Gersdorff (le fils de Benoît Gersdorff, étoilé en son temps à L'Essentiel à Temploux) a choisi pour cuisiner à La Table de Demain, resto à la déco contemporaine installé au rez-de-chaussée du bâtiment Delta, la nouvelle maison de la culture de Namur, en bord de Sambre. Dans l'espace comptoir Demain à main, Gersdorff propose des petits plats simples à déguster sur la place ou à emporter. Seul sfoglino de Belgique (après une formation à Bologne auprès d'Alessandra Spisni, spécialiste de la confection des pâtes fraîches), Gersdorff réalise par exemple de formidables tagliatelles al ragu. Etalées au rouleau et non passées au laminoir, ces pâtes d'une incroyable finesse fondent en bouche! Du côté de La Table, Kenzo Li, passé par quelques restaurants étoilés et amateur des concours culinaires - il a notamment décroché en avril le titre de meilleur jeune rôtisseur de Belgique -, propose une cuisine se présentant comme bistronomique mais qui, dans ses présentations et ses techniques, lorgne clairement vers la gastronomie contemporaine. A 22 ans, le chef est encore un peu vert, mais signe de jolies assiettes, à découvrir à la carte ou au gré de menus trois, quatre ou cinq services (41-59-72 euros). Sa pastèque rôtie (une salade feta-pastèque-olives retravaillée) est bien pensée, même s'il aurait franchement pu pousser un peu plus la cuisson du fruit. Bien nacré, son cabillaud poché à l'huile d'olive est proposé dans une composition gourmande (mais trop salée) avec du shiso rouge en tempura, de l'avocat et un jus au shiso tranché à l'huile de ciboulette. Les spaghettis d'encornet façon carbonara sont là encore une bonne idée, mais manquent un peu de raffinement. On préfère le canard, travaillé en deux temps: magret laqué au miel, textures de betterave, puis la cuisse confite, girolles et mousse de pomme de terre. Même si la seconde assiette est sur-assaisonnée. Malgré un dessert bancal - une tartelette citron meringuée déstructurée avec une excellente glace au gin et aux herbes -, Kenzo Li fait preuve d'un beau savoir-faire technique, notamment sur les cuissons. On se réjouit donc de le retrouver d'ici quelques mois pour voir s'il aura su canaliser son imagination fertile.