Yves Honhon est un des piliers du groupe industriel liégeois CMI. Lui qui en dirige les finances depuis 2001 se compare parfois à un chef d'orchestre. Il est vrai que pour obéir aux obligations de reporting, piloter les besoins parfois très fluctuants en fonds de roulement, assurer le financement des projets en cours ou à venir, réaliser des acquisitions, moderniser les outils financiers, il faut quelqu'un au pupitre qui tienne solidement la baguette d'un département qui compte aujourd'hui une petite cinquantaine de personnes.
...

Yves Honhon est un des piliers du groupe industriel liégeois CMI. Lui qui en dirige les finances depuis 2001 se compare parfois à un chef d'orchestre. Il est vrai que pour obéir aux obligations de reporting, piloter les besoins parfois très fluctuants en fonds de roulement, assurer le financement des projets en cours ou à venir, réaliser des acquisitions, moderniser les outils financiers, il faut quelqu'un au pupitre qui tienne solidement la baguette d'un département qui compte aujourd'hui une petite cinquantaine de personnes. Yves Honhon est en première ligne lorsque CMI quitte le giron du groupe Arcelor/Cockerill pour vivre sa vie. Car en avril 2002, l'ex-CEO de Cockerill, Bernard Serin, et son ancien partenaire, Pierre Meyers, rachètent CMI pour en faire un groupe indépendant. " De filiale, la société est devenue maison mère ", résume Yves Honhon. Et pour conserver la confiance de tous, il ne fallait pas rater le départ ", ajoute-t-il. Durant ces premières années, il a " mis les mains dans le cambouis ". Il a fallu, avec une équipe encore restreinte, établir les comptes consolidés, trouver les financements, assurer les risques, gérer la trésorerie... toutes tâches qui étaient auparavant réalisées chez Cockerill/ Arcelor. Il a ensuite participé à la création du pôle immobilier du groupe et piloté les acquisitions réalisées à un rythme soutenu. Le rachat en 2008 du groupe indien FPE ne s'est par exemple pas fait sans mal : " Je pensais partir quelques jours. Je suis resté... très longtemps ", dit Yves Honhon. Après cette acquisition, le groupe adopte d'ailleurs les normes comptables IFRS. Il ressent ensuite le besoin de renforcer ses équipes de corporate finance, fiscalité et trésorerie, et d'unifier les compétences en créant des services comptables partagés, un à Liège, un autre au Luxembourg et le dernier aux Etats-Unis. Et pour parfaire encore l'intégration, CMI travaille aujourd'hui, à l'implantation d'un outil de business intelligence. " Même si nous ne voulons pas le devenir, nous nous sommes imposés de nous comporter comme une entreprise cotée. Nous avons donc mis en place les organes de gouvernance adéquats ", souligne le CFO. Quelques chiffres résument la formidable croissance réalisée par un groupe aujourd'hui très diversifié. " En 2002, il y avait 18 sociétés consolidées, présentes dans sept pays. Aujourd'hui, nous en avons 85 dans 23 pays. " Entre 2002 et 2018, le pied de bilan a été multiplié par cinq, passant d'environ 271 millions à près de 1,5 milliard. CMI, dirigé depuis l'an passé par un nouveau CEO, Jean-Luc Maurange, a de l'ambition. Son plan stratégique vise un chiffre d'affaires de 1,6 milliard en 2022 (avec même 2 milliards en ligne de mire), contre environ 1,3 milliard en 2018. Pour y arriver, le groupe mise sur certaines nouvelles activités, dont la production d'hydrogène propre, le stockage d'énergie, l'épuration des eaux usées des hôpitaux, etc. De nouvelles acquisitions ne sont pas exclues. Et CMI compte aussi sur sa nouvelle plateforme d'innovation, qui sera officiellement lancée dans quelques semaines, pour servir d'incubateur et d'accélérateur à de nouveaux projets industriels.