La semaine dernière, je jubilais. Mon portefeuille s'était enfin remplumé. Pour la première fois depuis le début du Bitcoin Challenge, il était même dans le vert ! Au plus haut, j'avais virtuellement gagné une bonne centaine d'euros sur 4.000 euros investis dans les cryptomonnaies (il me reste 1.000 euros pour un ultime investissement).
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La semaine dernière, je jubilais. Mon portefeuille s'était enfin remplumé. Pour la première fois depuis le début du Bitcoin Challenge, il était même dans le vert ! Au plus haut, j'avais virtuellement gagné une bonne centaine d'euros sur 4.000 euros investis dans les cryptomonnaies (il me reste 1.000 euros pour un ultime investissement). Malheureusement, la poussée soudaine et prometteuse du cours du bitcoin et d'autres devises alternatives ne s'est pas prolongée. La valeur de la monnaie star végète désormais aux alentours de 8.000 euros, ce qui fait fondre mes crypto-économies ( voir tableau). Pour faire redécoller le Bitcoin Challenge, je dois trouver une solution. Conserver mes devises virtuelles en attendant un hypothétique rebond (HODL en langage crypto) ne me mènera pas loin, je le crains. Les investisseurs les plus avertis, que je fréquente sur les réseaux sociaux et les messageries mobiles, font des opérations bien plus complexes. Ces cryptotraders scrutent les cours à la recherche des meilleures opportunités d'achat et de vente. Solène (nom d'emprunt), une investisseuse passionnée, tente de m'initier à la science du trading. Elle m'envoie un graphique en head & shoulder (tête et épaule) inversés : " Petite leçon du jour : la taille du rebond est statistiquement équivalente à la distance entre la neckline (encolure) et la tête ", me glisse-t-elle sur WhatsApp. Cryptique. Je comprends mieux le graphique suivant, constitué de chandelles rouges et vertes. Solène me démontre, preuve à l'appui, que j'aurais déjà pu réussir mon challenge si j'avais acheté le 5 février du bitcoin à 5.000 euros et revendu 12 jours plus tard aux alentours de 10.000 euros. Comme beaucoup d'investisseurs, je suis passé à côté de la montre en or.Si je veux redresser la barre, j'ai l'impression que je dois me mettre au trading, comme Solène. Mais je doute de mes talents. Et je n'ai pas beaucoup de temps à consacrer à ces opérations.C'est alors que j'apprends l'existence des robots traders. Comme dans la finance classique, les cryptomonnaies ont vu apparaître les bots de trading. Il est possible d'en louer sur des plateformes en ligne. Tous mes contacts me déconseillent cette activité extrêmement risquée : si le robot est mal configuré, il risque de faire n'importe quoi et de siphonner tout mon portefeuille. Sans oublier que les arnaques au bitcoin pullulent sur Internet, et que je pourrais très bien m'acoquiner avec un robot malhonnête ( lire " Bienvenue au far west 3.0 " en page 20). Pour minimiser les risques, je place une somme relativement faible dans l'aventure : 0,03 bitcoin, soit environ 250 euros à ce moment-là. Je trouve mon robot sur Cryptohopper, un site internet symbolisé par un kangourou, qui me souhaite la bienvenue d'un ton enjoué : " Hi there, hopper ! Happy hopping ! " (Salut le sauteur ! Bon saut ! ). Ses services me coûteront 20 euros pour un mois de travail. J'isole mes 0,03 bitcoin sur la plateforme d'échange de cryptomonnaies Kraken, que je relie à mon robot via une API (un programme informatique). Si le kangourou virtuel pète un plomb, mes pertes seront circonscrites à cette somme, qui représente environ 5 % de mon portefeuille. Je configure ensuite mon robot et l'autorise à acheter six monnaies virtuelles alternatives : l'ether, le litecoin, le dash, le ripple, le monero et le zcash. Je lâche mon robot dans la nature. Espérons qu'il soit plus doué que moi, et qu'il ne se volatilise pas avec mes précieuses devises.