Paul Magnette a décidé de s'appliquer le décumul à lui-même : il ne siégera pas au Parlement wallon, où il avait été très confortablement élu en 2014 (champion des voix de préférence en Wallonie), pour se consacrer entièrement à son mandat de bourgmestre de Charleroi. " Un choix que je pose avec joie, a- t-il précisé lors d'une conférence de presse. Je me réjouis de voir ma ville, tant décriée, retrouver le chemin de l...

Paul Magnette a décidé de s'appliquer le décumul à lui-même : il ne siégera pas au Parlement wallon, où il avait été très confortablement élu en 2014 (champion des voix de préférence en Wallonie), pour se consacrer entièrement à son mandat de bourgmestre de Charleroi. " Un choix que je pose avec joie, a- t-il précisé lors d'une conférence de presse. Je me réjouis de voir ma ville, tant décriée, retrouver le chemin de la vitalité urbaine. " Il retrouvera ce poste de bourgmestre dès que le Parlement wallon aura voté le changement de majorité au gouvernement régional et qu'il ne sera donc plus ministre-président. Professeur de sciences politiques à l'ULB, Paul Magnette est entré en politique active en 2007, à la demande d'Elio Di Rupo, pour relancer le PS carolo, laminé par les affaires. Quelques mois plus tard, il était propulsé ministre wallon de l'Action sociale, avant de devenir ministre fédéral de l'Energie et des Entreprises publiques. Il a démissionné de ce poste dans la foulée des élections communales de 2012 pour devenir... bourgmestre de Charleroi. Enfin, pas tout à fait : c'était surtout pour assurer l'intérim d'Elio Di Rupo, alors Premier ministre, à la présidence du PS. Pendant un an et demi, Paul Magnette fut donc bourgmestre et président de parti, avec en outre un mandat de sénateur. Comme quoi sa conversion à la religion du décumul intégral est très récente. En 2013, alors qu'il venait de s'installer à l'hôtel de ville de Charleroi, il nous confiait d'ailleurs qu'il serait " un peu inquiet de voir un jour un Parlement sans élu local "... S'il abandonne certaines activités politiques, Paul Magnette en reprend en revanche dans le monde universitaire. Parce que " rien n'est plus beau que de voir des intelligences s'éveiller ", il donnera un cours à l'ULB sur la pensée politique (Tocqueville, Marx, Jaurès et Bernstein au programme de cette année) ainsi qu'un séminaire consacré à la pensée de Machiavel. " Certains auraient bien intérêt à venir le suivre ", conclut-il en souriant. Christophe De Caevel"Je n'ai aucune amertume, ça ne sert à rien de nourrir la rancoeur."