Dans le marécage moral et politique qu'est déjà Hollywood en 1953, entre corruption, liens mafieux, maccarthysme, racisme, sexisme et maltraitance, trois personnages de fiction mus par une irrépressible cupidité vont bientôt en croiser des dizaines d'autres, parfois bel et bien réels.
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Dans le marécage moral et politique qu'est déjà Hollywood en 1953, entre corruption, liens mafieux, maccarthysme, racisme, sexisme et maltraitance, trois personnages de fiction mus par une irrépressible cupidité vont bientôt en croiser des dizaines d'autres, parfois bel et bien réels. Le premier est Larkin Moffat, producteur indépendant assoiffé de pouvoir et psychopathe dangereux, relégué dans les crève-la-faim du cinéma. Le second est le major Chance Buckman, joueur compulsif, chargé de liaison entre l'Armée et Hollywood. Le troisième est le père Santino Starace, tout puissant représentant de l'Eglise, homosexuel, chargé de jauger de la moralité et donc de la diffusion des films produits... Dans ce qui est sans doute le meilleur roman noir et choral de cette rentrée littéraire, à l'ampleur et l'ambition jusque là inconnues dans l'oeuvre de Dominique Maisons (quatre polars chez le même éditeur), ce trio va soulever toute la boue d'Hollywood en compa- gnie d'Hedy Lamarr, Errol Flynn, Clark Gable, John Wayne et bien d'autres, tous convoqués à ce grand oeuvre de déconstruction qui n'oublie pas d'être aussi un excellent roman de divertissement, difficile à lâcher malgré quelques scènes éprouvantes. Et si on ne dira rien du grand final spectaculaire et très "tarantinesque" de cet implacable Avant les diamants (l'auteur se revendique, lui, plus de Raymond Chandler que de James Ellroy), qu'on ne s'y trompe pas: les parallèles avec le dernier film de Quentin Tarantino, Il était une fois... à Hollywood, ne dépasseront pas le bain de sang. En effet, dans cette réinvention, Dominique Maisons ne s'offre pas le moindre happy end pour faire passer cette pilule hollywoodienne pleine d'amertume.