Les syndicats de bpost ont choisi leur moment pour lancer leur grève. Exactement le jour de l'annonce des résultats trimestriels, le 7 novembre. Et à quelques semaines de l'explosion des livraisons de colis pour la fin de l'année.
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Les syndicats de bpost ont choisi leur moment pour lancer leur grève. Exactement le jour de l'annonce des résultats trimestriels, le 7 novembre. Et à quelques semaines de l'explosion des livraisons de colis pour la fin de l'année. Cinq jours d'actions (touchant chaque fois un secteur différent) ont été programmés par un front commun CGSP-CSC-SLFP : centre de tri le 7 novembre, transports le 8, chez les facteurs le 9, dans l'administration, aux guichets et dans les call centers le 12. Pour terminer par le tri des colis le 13 novembre. C'est un coup de semonce pour le CEO Koen Van Gerven, qui cherche à adapter l'organisation et les effectifs au recul accéléré du volume du courrier (prévisions de KBC Securities pour ce troisième trimestre : - 8,4 % ! ). Tous les ans, les effectifs reculent, bpost ne remplaçant pas systématiquement les 1.000 à 1.500 départs à la retraite. Les raisons de cette grève tournante sont multiples. Elles vont de la dénonciation d'une surcharge de travail provoquée par la fonte des effectifs au refus de voir le nettoyage sous-traité, avec le personnel transféré à un prestataire. Il s'agit d'un bras de fer pour pousser la direction à négocier au moment où elle est en difficulté face aux marchés financiers. Depuis l'annonce des résultats 2017, le titre a dégringolé de 28 à 13 euros, sans signe de remontée. Le principal souci est l'acquisition récente d'un logisticien américain dans le commerce électronique, Radial, qui représente 20 % des ventes de bpost et dont les performances, décevantes, pèsent sur les résultats du groupe. L'accélération du recul du courrier aggrave la situation et pousse à réduire plus vite les coûts fixes. Il n'y a toutefois pas le feu au lac : l'entreprise a perdu son aura de titre de référence mais reste rentable à un bon niveau et affiche peu de dettes. Elle a même maintenu le niveau des dividendes pour 2017 et 2018, dont le premier bénéficiaire est l'Etat fédéral, actionnaire à 51 %. Le front commun en a tiré la conclusion qu'il y avait une marge de négociation.