Une équipe de chercheurs américains teste un logiciel prédictif évaluant les risques de décès d'un patient hospitalisé. Ces recherches, conduites à l'aide d'une intelligence artificielle (IA) développée par Medical Brain, une antenne de Google, ont été publiées dans la revue Nature. Elles montrent que l'IA s'avère en moyenne deux fois plus efficace que les méthodes traditionnelles de calcul des risques utilisées par les médecins. Lors de son admission à l'hôpital, une patiente atteinte d'un cancer du sein a été soumise au logiciel prédictif. Celui-ci a établi une probabilité de décès de l'ordre de 20 %, contre 9 % pour l'analyse réalisée par le personnel médical. La patiente est décédée dans les 10 jours de son hospitalisation. L'IA de Google fonctionne suivant la technique des réseaux neuronaux. A partir d'une masse considérable de données, cet outil auto-apprenant est capable d'établir des corrélations auxquelles un humain n'aurait pas forcément songé. Plus le volume de données est important, plus les performances de l'IA s'améliorent. Dans le cas de la patiente en question, 176.000 données ont été transmises à la machine. Il s'agit de données extraites du dossier médical : antécédents, notes des médecins, médication, précédentes interventions ou hospitalisations, etc. Basée sur le big data, la médecine prédictive est un champ d'exploration pour des entreprises comme Google, IBM ou Microsoft. Ces géants du numérique espèrent apporter aux professionnels de la santé des outils permettant de prédire l'apparition de certaines maladies. Un jour, un tel algorithme sera peut-être capable de vous annoncer le jour de votre mort.