Depuis plus de deux mois, Carlos Ghosn est emprisonné au centre de détention de Kosuge. Il est inculpé de fausse déclaration, d'abus de confiance aggravé et de dissimulation de revenus. Dans l'intervalle, il a tout perdu : il n'est plus le patron de l'Alliance, il n'est plus CEO ni de Nissan, ni de Mitsubishi, ni de Renault, et sa réputation est sérieusement écornée.
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Depuis plus de deux mois, Carlos Ghosn est emprisonné au centre de détention de Kosuge. Il est inculpé de fausse déclaration, d'abus de confiance aggravé et de dissimulation de revenus. Dans l'intervalle, il a tout perdu : il n'est plus le patron de l'Alliance, il n'est plus CEO ni de Nissan, ni de Mitsubishi, ni de Renault, et sa réputation est sérieusement écornée. Depuis la mi-janvier, ses conditions de détention, très sévères, se sont légèrement assouplies : il peut recevoir des proches et des journalistes pour des entretiens de 15 minutes. Ce dont ont profité la semaine dernière des collègues de l'AFP et des Echos, les premiers journalistes non japonais à avoir eu accès à Carlos Ghosn. Les propos de l'ancien CEO sont limpides. Il nie toute malversation et parle clairement d'un complot destiné à l'abattre : " Est-ce un complot, un piège ? Il n'y a aucun doute là-dessus. C'est une affaire de trahison. Il y avait beaucoup d'opposition et d'anxiété sur le projet d'intégrer les trois entreprises ensemble ". Carlos Ghosn avait en effet commencé à réfléchir à la création d'un holding qui aurait contrôlé les trois constructeurs automobiles et possédé l'ensemble des actions des groupes. Un système dont les parts des uns et des autres auraient été basées sur les performances de chaque entreprise. " Si vous regardez ces performances, vous voyez bien qu'il y a un problème, poursuit-il. Je ne m'attendais pas à ce qui s'est passé mais tout cela a conduit à la trahison, au complot. " Même s'il n'accuse personne nommément et qu'il clame son amour pour le Japon et Nissan, il y a des attitudes qu'il n'admet pas : " Chez Nissan, les gens qui sont au coeur des accusations sont aussi ceux qui font l'enquête. Des personnes très profondément impliquées dans les affaires légales de Nissan. C'est tout de même très surprenant". Des propos forts qui ne font assurément rien pour apaiser le climat, très tendu, entre Nissan et Renault depuis le début de l'affaire...