Le monde développé doit relever les défis immédiats que sont, entre autres, la lenteur de la croissance (surtout en Europe), la rigidité des marchés du travail, les taux d'imposition élevés, les frictions commerciales générales et les dépenses publiques inefficaces qui ne profitent pas à ceux qui en ont besoin. Les incertitudes autour du Brexit assombrissent les perspectives. Les banques centrales sont sollicitées pour résoudre le problème de la croissance en instaurant des taux d'intérêt négatifs, alors qu'il s'est avéré que les réserves excédentaires des banques, qui se chiffrent en milliards de dollars, ainsi que les gigantesques portefeuilles d'actifs à échéances longues des banques centrales, ont eu un effet de distorsion plutôt que de stimulation. Plus de 15.000 milliards de dollars de capitaux dans le monde sont gelés dans des obligations à rendement faible ou négatif, ce qui profite à une él...

Le monde développé doit relever les défis immédiats que sont, entre autres, la lenteur de la croissance (surtout en Europe), la rigidité des marchés du travail, les taux d'imposition élevés, les frictions commerciales générales et les dépenses publiques inefficaces qui ne profitent pas à ceux qui en ont besoin. Les incertitudes autour du Brexit assombrissent les perspectives. Les banques centrales sont sollicitées pour résoudre le problème de la croissance en instaurant des taux d'intérêt négatifs, alors qu'il s'est avéré que les réserves excédentaires des banques, qui se chiffrent en milliards de dollars, ainsi que les gigantesques portefeuilles d'actifs à échéances longues des banques centrales, ont eu un effet de distorsion plutôt que de stimulation. Plus de 15.000 milliards de dollars de capitaux dans le monde sont gelés dans des obligations à rendement faible ou négatif, ce qui profite à une élite de détenteurs et d'émetteurs, mais maintient une étroite concentration des richesses. En détournant les investissements au profit d'obligations et au détriment des petites et moyennes entreprises, le système entrave une prospérité partagée et empêche qu'une attention suffisante soit accordée à ce qui fait obstacle à la croissance. En 2015, environ un dixième de la population mondiale vivait dans une extrême pauvreté. Cela représentait une nette amélioration par rapport au passé, mais rend urgents des progrès supplémentaires. La lenteur de la croissance mondiale, conjuguée au manque de vigueur des investissements dans les pays en développement, rend probables un accroissement de la pauvreté dans plusieurs pays et l'impossibilité d'atteindre les objectifs de la Banque mondiale en termes de réduction de la pauvreté et de prospérité partagée. En 2020, les pays devront redoubler d'effort pour trouver des voies de développement efficaces alors même que le contexte mondial n'est pas favorable. Des réformes structurelles peuvent être utiles, mais vont se heurter à une forte résistance. Les obstacles sont entre autres les oligopoles, la profusion d'emplois publics et les promesses excessives en termes de retraites, de même que les subventions trop coûteuses et souvent mal ciblées accordées pour des biens, des services et des financements. De nombreux pays subissent les effets négatifs de leurs politiques protectionnistes qui sapent leur compétitivité, et de la trop grande dépendance des entreprises et des banques du secteur public, qui détournent des ressources qui pourraient s'orienter vers des investissements plus productifs. Pendant ce temps, des politiques environnementales peu ambitieuses créent des problèmes pour les futures générations. Les pays ne peuvent à eux seuls remédier à ces difficultés. Pour les aider, la Banque mondiale utilise de nouvelles approches, comme les financements au titre du " Programme pour des résultats ", dans le cadre duquel les fonds ne sont décaissés que sur la base de résultats mesurables ; les programmes de transfert d'argent qui utilisent des systèmes tels que les cartes de débit pour veiller à ce que les bénéficiaires en tirent les avantages et non des intermédiaires ; un appui financier des politiques de développement qui établit un lien direct entre le financement et les réformes en faveur d'une réduction de la pauvreté et d'une croissance partagée durable ; et les solides projets d'investissement pour " attirer " au lieu d'" évincer " les investissements privés. La Banque mondiale accordera une attention croissante aux villes et à l'environnement. Le manque d'eau salubre, de source d'électricité fiable et d'accès à des routes, à des soins médicaux de base et à l'éducation continue de tourmenter bon nombre de nos clients et doit être au coeur de nos travaux. La bonne nouvelle, c'est que la faiblesse des taux d'intérêt et celle des rendements obligataires rendront les financements plus abordables une fois que les pays auront réussi à décider de concert de la marche économique à suivre. Cela met d'autant plus l'accent sur les réformes destinées à renforcer les marchés financiers d'un pays et à attirer les capitaux de sa diaspora. Des dizaines de millions de personnes, et avec un peu d'espoir des centaines de millions, pourraient en tirer parti si les pays saisissent cette occasion de réformer pour définir une trajectoire de croissance plus rapide, de réduction de la pauvreté et de prospérité partagée.