C'était il y a deux ans, lors du Masters d'Augusta. Au départ du dernier tour, Francesco Molinari occupe la tête du classement. Au sommet de son art, le champion italien a offert un véritable récital durant trois tours, collectionnant les birdies. A neuf trous de la fin du tournoi, souverain, il pointe toujours en haut du leader board. La victoire lui semble promise. Mais sur le trou n°12, un petit par 3 diabolique, sa balle est un peu courte et tombe dans l'obstacle d'eau. Sous pression sur le trou n°15, il c...

C'était il y a deux ans, lors du Masters d'Augusta. Au départ du dernier tour, Francesco Molinari occupe la tête du classement. Au sommet de son art, le champion italien a offert un véritable récital durant trois tours, collectionnant les birdies. A neuf trous de la fin du tournoi, souverain, il pointe toujours en haut du leader board. La victoire lui semble promise. Mais sur le trou n°12, un petit par 3 diabolique, sa balle est un peu courte et tombe dans l'obstacle d'eau. Sous pression sur le trou n°15, il commet une autre erreur de jugement et concède un nouveau double bogey. A l'arrivée, il doit se contenter de la cinquième place, à deux coups de Tiger Woods. La déception est immense mais personne n'imagine encore ses conséquences. Depuis cet épisode, Molinari n'a plus gagné le moindre tournoi. Aujourd'hui, il a même quitté le top 100 mondial pour la première fois depuis 2007. Une descente aux enfers, comme s'il avait soudain perdu tous ses repères. La "Macchina" - c'est son surnom - est déréglée. Le Turinois n'a jamais admis que son naufrage à Augusta en 2019 était la cause première de ses déboires. Il parle plutôt de fatigue mentale et d'usure. Mais à l'évidence, les deux sont étroitement liés. En 2016, Jordan Spieth avait également sombré sur le même trou diabolique d'Augusta alors qu'il était en tête. Et depuis, le Texan n'a toujours pas remporté un seul titre. Machine à broyer le cerveau, le golf est décidément implacable. Voici un peu plus d'un an, Francesco Molinari a quitté Londres, où il s'était installé, pour élire résidence en Californie avec sa famille, histoire de faire le vide dans sa tête et de repartir du bon pied sur le PGA Tour américain. Mais le déclic tant attendu ne s'est pas produit. Pas un seul top 10 en 2020. Depuis quelques semaines heureusement, on devine une petite éclaircie avec notamment une dixième place à San Diego et une huitième à Los Angeles. Mais on est loin du Molinari qui avait remporté le British Open en 2018 à Carnoustie et qui avait porté l'équipe européenne de Ryder Cup vers la victoire la même année au Golf National de Paris. Ce jeudi, Francesco sera au départ de l'édition 2021 du Masters avec le secret espoir d'exorciser ses démons d'Augusta. Ce sera pour lui une sorte de voyage initiatique. A l'instar de tant d'autres champions, il attend cette petite étincelle dans son jeu qui lui permettra de retrouver ses meilleures sensations et ce swing horloger qui l'avait hissé vers les plus hauts sommets. A 38 ans, il sait mieux que personne que la patience est la qualité première du golfeur.