En cette fin mars, Louma Salamé dépasse son niveau d'enthousiasme déjà naturellement élevé. Patronne artistique de la Fondation Boghossian à Bruxelles depuis déjà six ans, la manageuse y assure aussi fréquemment le rôle de commissaire d'exposition. Et quand elle nous guide dans Portrait of a Lady, manifestation riche d'un peu plus...

En cette fin mars, Louma Salamé dépasse son niveau d'enthousiasme déjà naturellement élevé. Patronne artistique de la Fondation Boghossian à Bruxelles depuis déjà six ans, la manageuse y assure aussi fréquemment le rôle de commissaire d'exposition. Et quand elle nous guide dans Portrait of a Lady, manifestation riche d'un peu plus de 80 pièces (dont beaucoup de peintures) qui raconte la représentation artistique de la femme depuis la préhistoire, elle est intarissable. C'est que le sujet est vaste... Ambitieuse et multiple, l'expo trace cinq thèmes, notamment la question du genre , passant de la nuit des temps à l'expression ultra-contemporaine, ce qui constitue un sacré pari. En résulte une forme de cohabitation naturelle entre les époques. D'une part, des représentations très anciennes représentant la moitié d'une humanité supposée autrefois secondaire. D'autre part, des oeuvres d'observateurs plus récents (Ensor, Degas, etc.) ou vraiment actuels. On notera, par exemple, le regard d'Irina Rasquinet via ses trois biberons, fibre et peinture de 2016, ou encore les chaussures à punaises intégrées d'Hans-Peter Feldmann, il y a une quinzaine d'années. C'est une certitude, s'il y bien un puzzle de l'art féminin selon Boghossian, celui-ci est l'un des plus riches et plaisants que la fondation nous ait offert à ce jour. L'expérience est d'autant plus réussie qu'au-delà de l'expo, le printemps belge, clément, permet au visiteur de (re)découvrir l'extérieur de la villa et ses terrasses aux étages auparavant invisibles. Et qu'il est désormais possible d'y déjeuner confortablement avec cuisine de chef...