La réalité finit toujours par rattraper la (science) fiction. Le metaverse, un univers numérique parallèle imaginé par l'auteur Neal Stephenson dans les années 1990 et porté à l'écran par Steven Spielberg dans le film Ready Player One en 2018, est en passe d'être concrétisé par Mark Zuckerberg. Le patron de Facebook vient de renommer son entreprise Meta pour mieux affirmer son ambition de transformer fondamentalement son réseau social, qui connecte via ses applications (Facebook, WhatsApp, Instagram, Messenger) plus de trois milliards de personnes dans le monde. Ces trois milliards d'individus connectés (et leurs précieuses données), c'est le trésor de Faceb...

La réalité finit toujours par rattraper la (science) fiction. Le metaverse, un univers numérique parallèle imaginé par l'auteur Neal Stephenson dans les années 1990 et porté à l'écran par Steven Spielberg dans le film Ready Player One en 2018, est en passe d'être concrétisé par Mark Zuckerberg. Le patron de Facebook vient de renommer son entreprise Meta pour mieux affirmer son ambition de transformer fondamentalement son réseau social, qui connecte via ses applications (Facebook, WhatsApp, Instagram, Messenger) plus de trois milliards de personnes dans le monde. Ces trois milliards d'individus connectés (et leurs précieuses données), c'est le trésor de Facebook. Il a permis à l'entreprise d'être une des rares au monde à dépasser, en juin dernier, les 1.000 milliards de dollars de valorisation boursière. Malgré les polémiques sur les fake news, malgré ses efforts insuffisants en matière de modération des contenus et de lutte contre le harcèlement en ligne, la plateforme n'a pas connu d'exode massif de ses utilisateurs. Facebook reste une des plus puissantes entreprises tech de la planète. En 2020, elle a généré 85 milliards de dollars de chiffre d'affaires. Le business model de Facebook, c'est la vente d'espaces publicitaires aux annonceurs. Grâce au profilage de ses utilisateurs, les équipes de vente de la plateforme promettent aux annonceurs que leurs publicités touche- ront précisément les groupes cibles que ceux-ci souhaitent atteindre. Mark Zuckerberg n'en a pas encore touché mot mais le basculement de Facebook vers le metaverse devrait s'accompagner d'une nouvelle offre vers ces annonceurs. Difficile d'imaginer que l'univers virtuel parallèle imaginé par Meta soit dénué de publicité alors qu'il s'agit jusqu'à présent de la source quasi unique de revenus pour l'entreprise.En attendant de voir se concrétiser le nouveau modèle économique de Facebook, Mark Zuckerberg est en pleine phase d'évangélisation. En rebaptisant son entreprise Meta, il compte faire infuser le concept encore abstrait de metaverse dans la tête des consommateurs.La première concrétisation de cette nouvelle plateforme se nomme Horizon Work-rooms. C'est une version futuriste des vidéoconférences, qui réunit des avatars dans une salle de réunion virtuelle. La valeur ajoutée de cet outil, par rapport à une "simple" réunion Zoom, réside dans le côté immersif apporté par le casque de réalité virtuelle dont doivent s'équiper les participants. Car c'est bien par l'intermédiaire de ce casque que les utilisateurs vont plonger dans le monde virtuel de Meta. Ça tombe bien, l'entreprise de Mark Zuckerberg a racheté le leader du secteur, Oculus, pour deux milliards de dollars. Depuis lors, le patron est persuadé que cette technologie, qui doit encore se démocratiser (comptez 350 euros pour un casque Oculus de base), deviendra prochainement grand public. Au point que des commerces s'installeront dans le metaverse, que des concerts y seront organisés, que votre beau-frère y fêtera son anniversaire ou que votre banquier y ouvrira son bureau virtuel. Si cette vision de Mark Zuckerberg se concrétise, Meta (et sa communauté de trois milliards d'utilisateurs potentiels) sera particulièrement bien placé pour monétiser l'ensemble des interactions et des services que l'on retrouvera dans cet univers numérique parallèle.