Comment une marque ultra- connue fait-elle pour reconquérir les coeurs des usagers lorsque ces derniers sont en désamour avec elle ? Réponse : en pariant sur l'amour et les amoureux ! Et c'est ce qu'a fait Mark Zuckerberg, le patron de Facebook. Après avoir subi les questions insidieuses des sénateurs et députés américains, le voilà qui rebondit, tout sourire, quelques jours plus tard. Non pas, avec un énième mea culpa, mais en créant un nouveau service de rencontres entre ses 2,2 milliards d'usagers. Ou plus précisément entre les 200 millions de célibataires recensés sur son réseau.
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Comment une marque ultra- connue fait-elle pour reconquérir les coeurs des usagers lorsque ces derniers sont en désamour avec elle ? Réponse : en pariant sur l'amour et les amoureux ! Et c'est ce qu'a fait Mark Zuckerberg, le patron de Facebook. Après avoir subi les questions insidieuses des sénateurs et députés américains, le voilà qui rebondit, tout sourire, quelques jours plus tard. Non pas, avec un énième mea culpa, mais en créant un nouveau service de rencontres entre ses 2,2 milliards d'usagers. Ou plus précisément entre les 200 millions de célibataires recensés sur son réseau. Arrêtons-nous un instant sur cette information : Facebook, le réseau social qui est accusé d'avoir laissé une société externe manipuler les données personnelles de 87 millions de ses membres, n'a donc pas hésité à se lancer quelques jours après la tornade médiatique - et sans sourciller - dans le marché encombré des sites de dating. Des sites de rencontres dont l'objet principal est de matcher les usagers en fonction d'un maximum d'informations personnelles. C'est à ne rien y comprendre, non ? En réalité, c'est une forme de cynisme économique. Le marché du dating est certes encombré car on y recense plus de 8.000 sites et applications de par le monde. Mais c'est aussi un business juteux. Un seul chiffre : aux Etats-Unis, un mariage sur trois découle d'une rencontre sur un site en ligne ! La Bourse le sait et elle a d'ailleurs sanctionné immédiatement la société Match, la maison mère de sites de rencontres comme Tinder et Meetic. La chute de l'action a été violente : - 22 % en une séance. Par presse interposée, les dirigeants de ces sites se sont montrés étonnés de l'arrivée de Facebook sur leurs plates-bandes : comme tout le monde, ils estiment le timing inapproprié car arrivant trop tôt après le scandale Cambridge Analytica. Mais en bons joueurs, ils ont ironisé sur les déboires médiatiques de Facebook, en espérant que le service dating de Mark Zuckerberg permettra de réchauffer les relations entre... Américains et Russes. En coulisses, les concurrents de Facebook sont en réalité morts de peur. Normal, aujourd'hui, la plupart des usagers des sites de rencontres demandent à leurs usagers d'utiliser leur compte Facebook pour s'enregistrer. Qu'en sera-t-il demain ? Bien entendu, la porte d'entrée Facebook n'est pas la seule, mais elle est dominante pour ces sites de rencontres. Pour s'en tirer à l'avenir face au rouleau compresseur de Facebook, les autres sites de rencontres devront jouer sur l'anonymat de leurs usagers. En effet, qui a envie de voir que ses amis ou les amis de ses amis sont au courant de nos rencontres ou incartades ? De son côté, Facebook, a immédiatement indiqué que son nouveau service de dating visait les rencontres durables et pas les histoires d'un soir. Avec sa nouvelle politique, Facebook joue donc la carte de la famille et les autres sites devront sans doute se recentrer sur la " drague sexuelle " qui ne dit pas son nom. Ils pourront aussi se concentrer sur les usagers plus jeunes, car Facebook a constaté que les usagers de moins de 25 ans quittent le réseau social vers Snapchat (concurrent) ou Instagram (site appartenant à Facebook). En revanche, les plus de 35 ans (et même plus de 65 ans) plébiscitent Facebook. Ce que cherche en réalité le premier réseau social, c'est à augmenter l'engagement de ses 2,2 milliards d'usagers. N'oublions pas que les sites concurrents de rencontres perdent leurs usagers une fois que ceux-ci sont en couple. Bref, avec le nouveau service de dating, le prêtre Mark Zuckerberg offre une opportunité en or à ses ouailles de rester plus longtemps scotchées sur son site. Attention, malgré le discours pro-famille de Mark Zuckerberg, ce dernier connaît mieux que quiconque ses usagers. La preuve, le nouveau service de dating sera très bien compartimenté. Pas question d'être en contact - même par inadvertance - avec nos amis sur Facebook puisque, par définition, nous savons déjà tout d'eux. Voilà pour la réponse officielle. En réalité, le nouveau service est surtout séparé des autres services pour éviter que les usagers de Facebook ne découvrent que leur partenaire, mari ou épouse est en réalité " ouvert " à une aventure. Merci qui ? Merci Mark !