Il est peu fréquent que le visiteur d'une expo soit invité à toucher les oeuvres. Et même plus, puisque là, il s'agit de palper, soupeser, caresser et évaluer les blocs sculptés en mousse de Sophie Whettnall, artiste née à Bruxelles en 1973. On se plie donc au jeu en tâtant ces grosses figurines caoutchouteuses qui ressemblent à des bonbons en formes de " lards " de différentes dimensions, étalés dans l'espace principal de la Centrale For Contemporary Art, à deux pas de la place Sainte-Catherine à Bruxelles. La sensation est bizarre, déconcertante, comme avec les autres pièces de Whettnall exposées dans le même lieu : de grandes plaques découpées dans des formes de cerf-volant, voisinant avec ces extraordinaires panneaux-paravents percés de milliers d'orifices destinés à laisser pénétrer la lumière. Lien vers la projection d'un film qui montre l'artiste en compagnie de sa mère et de sa fille. Ces drôles de paysages résonnent aussi d'une poésie déconcertante, hors temps, qui casse le tempo surchargé de nos vies. Et invite à se laisser aller à cette proposition d'abord organique.

"La banquise, la forêt, les étoiles", à la Centrale For Contemporary Arts à Bruxelles jusqu'en août, www.centrale.brussels.be/