"Agfa est assez solide pour supporter une scission ", déclarait le CEO Christian Reinaudo lors de la présentation des derniers chiffres trimestriels. Jusqu'ici, toutes les activités du groupe étaient condamnées à rester liées les unes aux autres, car cela semblait être la seule manière de contenir la dette de pension de 1,24 milliard d'euros. Une récente offre d'achat du groupe allemand Compu Group Medical s'est toutefois heurtée une fois de plus à cette dette. Cette offre a agité les esprits chez Agfa, qui envisage de scinder dans une structure séparée la division en charge des applications informatiques pour l'imagerie médicale, afin de lui donner davantage de possibilités de croi...

"Agfa est assez solide pour supporter une scission ", déclarait le CEO Christian Reinaudo lors de la présentation des derniers chiffres trimestriels. Jusqu'ici, toutes les activités du groupe étaient condamnées à rester liées les unes aux autres, car cela semblait être la seule manière de contenir la dette de pension de 1,24 milliard d'euros. Une récente offre d'achat du groupe allemand Compu Group Medical s'est toutefois heurtée une fois de plus à cette dette. Cette offre a agité les esprits chez Agfa, qui envisage de scinder dans une structure séparée la division en charge des applications informatiques pour l'imagerie médicale, afin de lui donner davantage de possibilités de croissance ou de pouvoir la vendre à un prix intéressant. En Allemagne, ils en ont sans aucun doute pris acte. Ceci dit, une vente comporterait des risques. La division IT médicale est l'un des moteurs de croissance du groupe, qui représente environ un quart du chiffre d'affaires (CA), et une part plus grande encore du bénéfice opérationnel. Agfa peut encore très bien utiliser ce moteur de croissance pour soutenir les résultats de l'ensemble du groupe. Au deuxième trimestre, la marge d'Agfa s'est tassée de 12,1 à 9,6 % au niveau du cash-flow opérationnel récurrent, étant entendu qu'un an plus tôt, ce trimestre avait été exceptionnellement bon, et que le dernier trimestre correspond davantage au niveau de rentabilité que la société peut maintenir sur le plus long terme. La direction confirme qu'elle a toujours l'ambition, pour les prochaines années, de réaliser une marge de 10 % sur un CA qui doit se stabiliser. Mais nous n'y sommes pas encore. La combinaison d'une baisse de la marge et d'un CA en recul (-3,6 % au niveau du groupe) a écrémé le bénéfice opérationnel d'un quart au deuxième trimestre. Agfa peut invoquer comme circonstance atténuante que la réorganisation des canaux de distribution des produits d'imagerie classiques et par hard copy en Chine a pesé lourd sur les ventes. En 2018, la donne doit cependant changer, et la division Healthcare doit pouvoir renouer avec la croissance de son CA, surtout grâce à la croissance de la division IT, si celle-ci fait encore partie du groupe. Dans la division graphique également, les moteurs de croissance n'ont pas pu compenser le recul des activités traditionnelles. Le CA du segment jet d'encre a progressé de plus de 10 %, mais la pression concurrentielle dans les autres activités a contraint la division à accuser une perte de CA de 3,7 % et un repli du bénéfice de 24,7 %. Du fait de la hausse des fonds de roulement, le groupe a basculé d'une trésorerie nette à une position d'endettement nette de 27 millions d'euros. La société génère des cash-flows libres abondants d'environ 60 millions d'euros par an, ce qui libère une latitude pour des acquisitions ou l'allègement plus rapide de la dette de pension. C'est l'un des facteurs qui motivent la scission de l'entreprise. Compte tenu de son CA en repli et de l'absence de confirmation de la tendance haussière de ses marges, on s'attendait à une année de transition chez Agfa. La réorientation stratégique du groupe peut susciter à nouveau l'intérêt. La valorisation est redevenue intéressante, mais Agfa doit réussir à stabiliser le CA et la rentabilité. Nous réitérons notre conseil d'achat. Conseil : digne d'achat Risque : moyen Rating : 1B Paru sur initiedelabourse.be le 31 août La valorisation d'Agfa est redevenue intéressante.