Ouvert depuis le dimanche 14 juin à un jet de pavé de la Grand-Place d'Ath, ce Quai n°4 est l'oeuvre d'un trio qui, ensemble, n'affiche même pas 90 ans au compteur ! D'abord, Nina Vray, la maître d'hôtel qui sort de trois années avec Stéphanie Thunus au Gré du Vent. Ensuite, les deux chefs, Maxence Bouralha pour le salé, Charles-Maxime Legrand pour le sucré. Deux copains de l'école hôtelière d'Ath qui ont fréquenté de belles maisons étoilées : le Sea Grill, Nuance ou le Château du Mylord. Propriétaires des lieux depuis quatre ans,...

Ouvert depuis le dimanche 14 juin à un jet de pavé de la Grand-Place d'Ath, ce Quai n°4 est l'oeuvre d'un trio qui, ensemble, n'affiche même pas 90 ans au compteur ! D'abord, Nina Vray, la maître d'hôtel qui sort de trois années avec Stéphanie Thunus au Gré du Vent. Ensuite, les deux chefs, Maxence Bouralha pour le salé, Charles-Maxime Legrand pour le sucré. Deux copains de l'école hôtelière d'Ath qui ont fréquenté de belles maisons étoilées : le Sea Grill, Nuance ou le Château du Mylord. Propriétaires des lieux depuis quatre ans, ils en ont repris possession début janvier pour y réaliser leur rêve : doter la ville d'Ath d'un gastro de pointe. Certes, l'Entre Guillemets - autre établissement gastronomique athois - fait montre de belles qualités, mais le Quai n°4 boxe clairement dans une autre catégorie. La salle a été décorée (par des artisans locaux) avec chaleur et goût. Tel ce joli contraste entre le vert sombre des murs et le jaune élégant des chaises ou le mélange entre carrelage noir et parquet. C'est classe sans être guindé. De leur cuisine ouverte, Maxence et Charles-Maxime envoient du lourd. Outre un lunch en trois services (31 euros), ils proposent deux menus : le Quai n°4 (quatre services - 46 euros - vins adaptés à 23 euros) et le Signature qui propose une entrée et un prédessert en plus (62 et 29 euros). Disons-le tout de go : le rapport qualité-prix est invraisemblable. Le soir de notre visite, après quatre mises en bouche prometteuses et une entrée fraîche et équilibrée autour de l'anguille fumée, nous avons eu droit à de la dorade cuite à la perfection. Avec son émulsion de beurre noisette, asperge au Noilly Prat et champignons de bois, elle porte déjà la marque des grands. Hommage appuyé et réussi à Yves Mattagne dans le ris de veau, tout aussi magistralement cuit, et sa béarnaise de homard. Beau travail enfin sur le Coucou de Malines décliné en blanc, rillettes chaudes de cuisses et sot-l'y-laisse grillé. Clou du spectacle : Charles-Maxime nous a bluffés avec une boule qui s'ouvre sur une mousse aérienne au chocolat entourant des griottes à l'Eau de Villée et à l'estragon. Un immense dessert ! Bon choix de vins, notamment, sur la dorade, le Château-Thébaud, l'un des 10 nouveaux crus communaux de l'appellation Muscadet. Oui, il y a encore quelques boulons à resserrer. Notamment la sommellerie qui doit prendre de la bouteille. Mais ce Quai n°4, qui propose 31 couverts en version Covid-19, est promis à un grand avenir.