"Et encore une marque belge qui passe sous pavillon étranger ! ", soupireront certains. " Une belle occasion de croître davantage à l'international ! ", rétorqueront les autres. Comme souvent, la vérité se trouve dans la nuance, quelque part entre ces deux affirmations qui ont tendance à caricaturer le virage pris récemment par le styliste flamand.
...

"Et encore une marque belge qui passe sous pavillon étranger ! ", soupireront certains. " Une belle occasion de croître davantage à l'international ! ", rétorqueront les autres. Comme souvent, la vérité se trouve dans la nuance, quelque part entre ces deux affirmations qui ont tendance à caricaturer le virage pris récemment par le styliste flamand. Lancée en 1986, la maison Dries Van Noten incarne l'une de plus belles success stories de la mode belge. Avec plus de 500 points de vente à travers le monde et ses défilés parisiens salués par la presse internationale, la marque anversoise n'a plus rien à prouver en termes de notoriété. Mais encore faut-il assurer la pérennité et surtout la croissance de la société. A 60 ans, le créateur indépendant Dries Van Noten a donc choisi l'option de la sécurité et le soutien d'un groupe puissant pour affronter au mieux la prochaine décennie. Spécialisé dans les parfums et les cosmétiques, l'empire espagnol Puig affiche un chiffre d'affaires annuel qui flirte avec les 2 milliards d'euros et a montré, ces dernières années, un intérêt de plus en plus soutenu pour les labels de mode. Avec des marques réputées telles que Jean Paul Gaultier, Nina Ricci ou encore Paco Rabanne dans son portefeuille, le groupe Puig tire en effet parti de la notoriété de ces grandes stars des podiums pour écouler des fragrances éponymes qui se révèlent éminemment rentables. Avec l'acquisition de la marque anversoise, il faut donc s'attendre, en toute logique, au lancement prochain d'un nouveau jus Dries Van Noten par la machine de guerre Puig dans les parfumeries du monde entier. Si le styliste flamand renonce à son indépendance, il ne quitte pas le navire pour autant. Le créateur de mode reste en effet actionnaire minoritaire de la nouvelle structure et président du conseil d'administration, mais surtout directeur artistique de sa marque de vêtements, ce qui devrait garantir une certaine continuité dans les collections et donc le succès de Dries Van Noten... et de ses futurs parfums.