Elle est née en 1987 mais Emelyne Duval semble déjà avoir additionné plusieurs vies. Si cette artiste belge bénéficie d'une large expo au BAM de Mons, c'est bien parce qu'elle dessine un univers hautement personnel, bien évidemment, tout en explo...

Elle est née en 1987 mais Emelyne Duval semble déjà avoir additionné plusieurs vies. Si cette artiste belge bénéficie d'une large expo au BAM de Mons, c'est bien parce qu'elle dessine un univers hautement personnel, bien évidemment, tout en explorant une forme d'onirisme qui fait du bien. Duval pratique le collage et l'illustration, laissant flouter la frontière entre les genres. Beau bizarre, comme aurait dit Christophe. C'est précisément dans les interstices des représentations graphiques qu'opère au mieux Emelyne. En décidant de faire dialoguer peinture, dessin, collage et photo, la trentenaire s'éloigne aussi de l'époque actuelle où tout semble brouillé entre vérités et fake news, via un espace visuel où la couleur a toujours son mot à dire. Tout comme la fréquentation du hasard puisqu'Emelyne récupère des livres anciens ou de vieilles traces d'histoires sur papier qui semblent avoir été oubliées, et les transforme. Elle en fait ce que le BAM définit comme "une nouvelle grammaire de l'imaginaire". Soit un moyen de délaisser pour un bout de temps la réalité tout en considérant un certain nombre de racines communes à celle-ci. Un audacieux équilibre, mais réussi.