C'était au temps où Bruxelles comptait plus d'une centaine de cinémas. Vous avez bien lu: il y avait 126 lieux de projection en 1960, répartis dans toutes les communes! Cette période est le second âge d'or des salles, qui a succédé à celui des années 1930, quand la capitale découvrait alors le cinéma sonore, explique Isabel Bliver, auteure du beau...

C'était au temps où Bruxelles comptait plus d'une centaine de cinémas. Vous avez bien lu: il y avait 126 lieux de projection en 1960, répartis dans toutes les communes! Cette période est le second âge d'or des salles, qui a succédé à celui des années 1930, quand la capitale découvrait alors le cinéma sonore, explique Isabel Bliver, auteure du beau livre Cinémas de Bruxelles. Las, dès les seventies, une autre histoire commencera à s'écrire: les salles de quartier fermeront les unes après les autres avant que l'arrivée de Kinepolis fin des années 1980 ne bouleverse à nouveau le paysage. Actuellement, on ne compte plus que 11 cinémas dans la capitale. La plupart des autres ont été réaffectés. Centre culturel, académie, banque, magasin de vêtements ou d'antiquités, boîte de nuit, kebab, salle de sport: on passe devant eux sans plus les voir. Et sans savoir! Heureusement, dans cet ouvrage, les photos, de Marie-Françoise Plissart, souvent prises à la tombée de la nuit, leur restitue leur caractère. Magiques images. Isabel Biver continue ici un travail de recherche et de compilation de ces histoires entamé il y a plusieurs années: celle du Mirano, du Métropole, du Century, du Minerva, du Caméo et de dizaines d'autres, à travers leur architecture et le septième art bien sûr, mais aussi les entrepreneurs qui ont porté ces lieux parfois leur vie durant. Une célébration du patrimoine mais aussi un regard rêveur et pragmatique sur le cinéma de demain, les salles iconoclastes, les projections en plein air. Des espaces que l'on peut également célébrer, faute d'y accéder en cette période de reconfinement, en (s')offrant ce bel ouvrage.