Il est encore un peu tôt pour tirer une conclusion définitive puisque les vendanges ne sont pas encore terminées partout dans l'hémisphère nord, notamment dans les pays asiatiques. Mais la semaine dernière, l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) a présenté une estimation de la récolte mondiale historiquement basse. Avec une production de...

Il est encore un peu tôt pour tirer une conclusion définitive puisque les vendanges ne sont pas encore terminées partout dans l'hémisphère nord, notamment dans les pays asiatiques. Mais la semaine dernière, l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) a présenté une estimation de la récolte mondiale historiquement basse. Avec une production de 246 millions d'hectolitres, il faut remonter à 1956 et 1961 pour avoir des chiffres aussi catastrophiques. En fait, c'est l'Europe qui est à la base de cette année dramatique. Gel, sécheresse et canicule ont durement frappé notre continent qui assure près de 60 % de la production mondiale. L'Union européenne s'attend à la plus faible récolte de l'après-guerre. Les trois plus grands producteurs mondiaux, respectivement l'Italie (40 millions d'hectolitres), la France (37,2) et l'Espagne (36,8) conservent, et de loin, leur leadership mais ils enregistrent des baisses de récolte variant de 15 à 21 % ! En France, le vignoble bordelais a perdu la moitié de son raisin à cause du gel (photo). Seule la Bourgogne tire son épingle de jeu avec une hausse de près de 20 % de la production. En Espagne, la Rioja (-25 %) et la Ribera del Duero (-50 %) ont terriblement souffert de la canicule. Chez nous aussi, le gel a fait de gros dégâts mais moins dramatiques que prévu. L'Association des vignerons de Wallonie s'attend à une baisse de la production de l'ordre de 30 %. Hors Europe, les vendanges ont été plutôt bonnes. Même aux Etats-Unis où, par chance, les raisins avaient déjà été récoltés avant les terribles incendies. Le millésime 2017 s'annonce de très bonne qualité. Et vu l'importance des stocks (54 millions d'hectolitres selon l'OIV), la baisse de la production ne devrait pas engendrer de flambée des prix. Par Xavier Beghin