Le ticket d'entrée sur le site du Grand-Hornu permet de voir cinq propositions artistiques différentes. On oublie celle de Jacques André qui a paresseusement disposé quelques centaines de livres dans une pièce repeinte " en bleu Onem " : le geste est dénué de tout intérêt et on a le sentiment d'un espace gâché. Plus créatif, Patrick Marchal occupe la petite salle près de l'entrée avec ses Objets valorisants non identifiés, dépassant les...

Le ticket d'entrée sur le site du Grand-Hornu permet de voir cinq propositions artistiques différentes. On oublie celle de Jacques André qui a paresseusement disposé quelques centaines de livres dans une pièce repeinte " en bleu Onem " : le geste est dénué de tout intérêt et on a le sentiment d'un espace gâché. Plus créatif, Patrick Marchal occupe la petite salle près de l'entrée avec ses Objets valorisants non identifiés, dépassant les conventions usuelles de la bijouterie. On passe alors à l'expo From Belgium With Light, dans la partie droite du bâtiment : quelques lampes anciennes et une majorité de pièces contemporaines d'une soixantaine de designers, dont Miguel Arruda et ses jolies poires suspendues, ou encore Luc Ramael, concepteur de précieuses lampes-vigies. Requinqué par ce luxe de lux, on arrive au bâtiment principal consacrant plusieurs salles au travail de la Française Anne-Marie Schneider. Soit 200 dessins et peintures parcourant trois décennies d'une création qui traite " un corps en pagaille, accablé, désarticulé, abîmé, écorché ".Un univers graphique qui rappelle l'art brut, sans l'être formellement, avec des variations d'intensité dans la pertinence de ce qui est montré. Quelques mètres séparent Schneider de la dernière et vaste salle de l'ancien charbonnage, consacrée à Jompet Kuswidananto, la plus forte proposition actuelle du Musée des arts contemporains (MAC's) avec On Paradise. Cette expo examine les paradis perdus et complexes de l'Indonésie, pays de l'artiste de 41 ans, et notamment les liens entre politique et religion. Un film projeté au mur explore différents récits " oniriques ou utopiques ", dont le dernier texte rédigé par Imam Samudra, responsable des attentats de Bali en 2002 : une vision du paradis livrée avant son exécution. A côté de dessins toujours signés du créateur pluridisciplinaire, se placent deux installations, dont celle qui occupe la plus grande superficie de la pièce. Un champ d'anciens lustres de verre, métaphoriquement inspiré des révoltes indonésiennes au 19e siècle contre le pouvoir colonial néerlandais : théâtral, hypnotique, pour ne pas dire sublime.