La boutique Potemkine

Avec ses ponts tournants et ses passerelles ouvragées, le canal Saint-Martin, à côté de la place de la République, a des allures joliment champêtres. Le décor n'attire pas que les touristes. Nombre de Parisiens déambulent dans cet ancien quartier ouvrier. Une piste cyclable longe la voie d'eau dans les deux sens. Pour se diriger vers le nord, il faut prendre le quai de Jemmapes, pour le sud, le quai de Valmy. Le dimanche, la circulation est interdite sur une partie du trajet. C'est charmant en diable mais il ne faut pourtant pas hésiter à prendre les chemins de traverse. Pour s'amarrer, par exemple, à la boutique Potemkine, à côté du quai de Valmy. Ce haut lieu de la cinéphilie est immanquable, même à l'heure dématérialisée d'Amazon et du streaming. Tout à la fois distributeur, éditeur de DVD, lieu de rencontres et café librairie, le label est une mine pour les amateurs de cinéma à la recherche de perles rares ou de classiques dans une ambiance feutrée.
...

Avec ses ponts tournants et ses passerelles ouvragées, le canal Saint-Martin, à côté de la place de la République, a des allures joliment champêtres. Le décor n'attire pas que les touristes. Nombre de Parisiens déambulent dans cet ancien quartier ouvrier. Une piste cyclable longe la voie d'eau dans les deux sens. Pour se diriger vers le nord, il faut prendre le quai de Jemmapes, pour le sud, le quai de Valmy. Le dimanche, la circulation est interdite sur une partie du trajet. C'est charmant en diable mais il ne faut pourtant pas hésiter à prendre les chemins de traverse. Pour s'amarrer, par exemple, à la boutique Potemkine, à côté du quai de Valmy. Ce haut lieu de la cinéphilie est immanquable, même à l'heure dématérialisée d'Amazon et du streaming. Tout à la fois distributeur, éditeur de DVD, lieu de rencontres et café librairie, le label est une mine pour les amateurs de cinéma à la recherche de perles rares ou de classiques dans une ambiance feutrée. 30, rue Beaurepaire, 75010 Paris Ouvert du lundi au vendredi à partir de 11 h, le dimanche de 14h30. Temps d'arrêt : 30 min. Remontez le quai de Valmy sur 900 mètres en suivant le fil de l'eau pour vous arrêter au numéro 159. Pas d'enseigne ni même de plaque pour signaler derrière l'épaisse porte cochère, l'incroyable studio d'artiste de Rens Lipsius. Cet espace de 700 m2 ressemble à une grange high-tech. Dans la courette pavée, une sculpture de Dennis Oppenheim et un pin achèvent le dépaysement. On se croirait en Californie. De temps à autre, le photographe et peintre néerlandais ouvre discrètement les portes de son atelier au public. Son calendrier fluctue au gré des envies (expositions, workshops, concerts) dans un esprit de confidentialité. Il faut s'inscrire sur son site pour être tenu au courant des activités de cet esthète qui est à l'origine de sept autres " Ideal Artist Houses " à Manhattan, Amsterdam et dans différentes villes des Pays-Bas. Toutes ont été conçues comme des havres de paix pour favoriser la création. 159, quai de Valmy, 75010 ParisHoraires variables. Temps d'arrêt : 30 min. (quand l'atelier est ouvert) A quelques tours de roues, la visite du siège du Parti communiste français, appelé aussi espace Niemeyer, s'impose. La place du Colonel-Fabien est à 5 minutes du quai de Jemmapes. Imaginé en 1965, inauguré en 1970, achevé 10 ans plus tard, l'immeuble auquel on accède sur rendez-vous a été dessiné en trois jours par Oscar Niemeyer, le grand architecte brésilien disparu en 2012 à l'âge de 104 ans. Façade de verre ondoyante, coupole dressée sur une rampe sinueuse qui s'élève au-dessus de la pelouse, les courbes sensuelles chères au moderniste sont reconnaissables entre mille. L'intérieur de style rétro-futuriste offre un visage bien différent de ce que l'on imagine à l'arrivée. Le premier niveau, complètement enterré, à peine éclairé par la lumière du jour, ressemble à un vaisseau spatial. Sous la coupole, se trouve la fabuleuse salle de conférences et ses milliers d'ailettes blanches qui transforment l'auditorium en un gigantesque lustre à pampilles. Effet pop garanti. L'endroit attire désormais les marques de luxe comme Prada ou Dior qui louent l'espace au PCF pour des défilés et des séances photo. Signe des temps : pour renflouer les caisses, le parti vend même des goodies à l'effigie de George Marchais. 2 place du Colonel-Fabien, 75010 Paris Ouvert sur rendez-vous, en groupe. Temps d'arrêt : 40 min. Cap maintenant sur le bassin de la Villette, à 500 m du bâtiment de Niemeyer, là où le canal Saint-Martin prend fin. Les cinémas MK2 s'y sont installés de chaque côté de la rive. Une navette flottante permet de rejoindre les deux (petits) complexes de salles obscures. On peut momentanément troquer son deux-roues contre un bateau électrique. Les coquilles de noix sont en location, sans permis, aux marins d'eau douce. Mais il faut surtout faire un saut (trois minutes en vélo) jusqu'au centre d'art niché derrière le bassin. Baptisé le 104, ce site de 36.000 m2 se déploie sous une impressionnante verrière. L'occasion de s'immerger jusqu'en janvier prochain dans " Libérez Emilie ", un jeu d' escape game en réalité virtuelle qui se déroule dans l'une des alcôves du centre. Deux joueurs maximum et une règle : sauver une jeune femme des griffes d'un horrible serial killer. Le cadre du 104 se prête bien au thriller quand on sait que le bâtiment abritait autrefois une entreprise de pompes funèbres... 5, rue Curial, 75019 Paris Ouvert du mardi au vendredi à partir de 12 h, le week-end à partir de 11 h. " Libérez Emilie ". Séances deux fois par jour. Temps d'arrêt : 60 minutes Fraîchement remis de vos émotions virtuelles, retour dans la réalité bien réelle. En selle ! Retournez vers le quai de Loire, longez le pont levant de la rue de Crimée (inauguré en 1885), toujours en service, en direction du parc de la Villette. En clair, il suffit de suivre la piste cyclable, la même depuis le départ. Les 26 constructions cubiques rouge vif disposées tous les 125 mètres, les " folies " comme les appelle l'architecte Bernard Tschumi, sont les repères visuels du très grand parc de la Villette. Rien à voir avec l'ambiance chabada du jardin du Luxembourg... Cet espace vert est un endroit populaire et familial où les familles du 19e arrondissement viennent pique-niquer au milieu des vastes pelouses. Ce poumon du nord-est parisien qui borde le canal de l'Ourcq abrite la Cité des sciences, la Cité de la musique, une (très) grande halle du 19e siècle en fer et en verre où se déroulent expos et concerts, et un espace sous chapiteau que le Cirque Plume a choisi pour sa tournée d'adieu. Cirque Plume, spectacle " La dernière saison " jusqu'au 30 décembre. Temps d'arrêt : entre 1 h et 3 h Projet pharaonique marqué par des dépassements colossaux de budget (386 millions d'euros contre 120 millions annoncés), la Philharmonie, achevée en 2015, est un complexe musical hors du commun. On le doit à l'architecte Jean Nouvel. Dotée d'une salle de concert aux qualités plastique et acoustique exceptionnelles, elle se trouve à l'extrémité du Parc de la Villette. Il faut s'y attarder, monter les marches du côté du boulevard périphérique pour voir son meilleur profil. C'est de ce côté que le " monstre " recouvert d'une peau d'aluminium constellée de dessins d'oiseaux stylisés (on pense plutôt à une tenue de camouflage) donne la mesure... de sa démesure. Les confortables moyens de la Philharmonie permettent de concocter de vastes expositions thématiques.La prochaine qui sera inaugurée le 19 octobre prochain est consacrée aux comédies musicales. Un genre en plein renouveau depuis le succès de La La Land. 221 avenue Jean Jaurès, 75019 Paris Ouvert du mardi au vendredi à partir de 10 h, le samedi et dimanche de 12 h. Exposition " Comédies musicales, la joie de vivre du cinéma " à partir du 19 octobre. Temps d'arrêt : de 30 min à 2 h Il est maintenant temps de quitter la capitale... Votre voie (cycliste) est toute tracée. Après La Villette vous franchissez, sans forcément vous en rendre compte, le périphérique. L'échangeur passe en diagonale au-dessus de votre tête. Bienvenue dans le Grand Paris, à Pantin plus exactement, dans le département de Seine-Saint-Denis. Le sulfureux 93 ! Inutile de vous cramponner à votre guidon, tout va bien se passer. La mue a commencé il y a plusieurs années et se poursuit à grand train. Des bureaux et des lofts luxueux remplacent progressivement l'ancien no man's land. Quant aux friches industrielles, elles renaissent peu à peu de leurs cendres. Les Grands Moulins de Pantin, construits en 1923, ont été abandonnés puis rachetés dans les années 2000 par BNP Paribas. Un peu plus loin, Les Magasins généraux, un colosse de béton né dans l'entre-deux-guerres, ont été restaurés l'an passé avec faste par l'agence de publicité BETC qui y a installé son QG. Le " paquebot " de six étages organise fréquemment des expositions ouvertes au public dans un espace de 800 m2 en collaboration avec le Cneai (Centre national d'art contemporain). Poursuivez l'expérience brute de décoffrage au Dock B, à l'angle du bâtiment, pour boire un verre en bordure du canal. Sinon, juste en face, La guinguette des grandes serres, avec ses transats et ses grandes tables d'hôtes, permet de déjeuner sur le mode farniente. Et en plus, la cuisine est totalement emballante. Attention, cette adresse entrera en hivernage après ce dernier week-end de septembre. Temps d'arrêt : 20 à 80 min. Thaddaeus Ropac est aussi l'un de ceux qui parient sur le développement de la Seine-Saint-Denis. Le renommé marchand d'art autrichien qui détient une galerie dans le Marais, à Paris, et à Mayfair, à Londres, a fait main basse il y a cinq ans sur une ancienne chaudronnerie de Pantin, à 10 minutes en vélo des Magasins généraux. L'enclos de 4.700 m2 coupé du trafic automobile dispose d'espaces particulièrement adaptés aux oeuvres monumentales. Sous les quatre hautes nefs classées de cette cathédrale industrielle, le public pourra découvrir à partir du 17 octobre, les oeuvres néons de Donald Judd mais aussi les créations grand format de Dan Flavin ou Sol LeWitt. 69, avenue du Général Leclerc, 93500 Pantin Ouvert du mardi au samedi à partir de 10 h. Fermé le dimanche. Temps d'arrêt : 1 heure. Sept minutes séparent la galerie Ropac de l'ancienne gare de Bobigny. Il suffit de continuer l'avenue du général Leclerc pour découvrir ce bâtiment oublié le long des anciennes voies ferrées. Il semble bien seul au milieu des herbes hautes. Si ce bâtiment a échappé à la destruction, ce n'est pas pour son architecture ni ses belles inscriptions en faïence mais bien parce que l'ancienne gare de Bobigny fut le triste lieu de départ des déportations vers les camps d'extermination d'Auschwitz-Birkenau. Une à deux fois par mois, des visites commentées rappellent en détails comment les convois furent planifiés et organisés avec la complicité du gouvernement de Vichy. Un projet d'aménagement paysager et scénographique devrait voir le jour en 2020 pour sanctuariser le lieu de mémoire. 151, avenue Henri Barbusse, 93000 Bobigny Inscription pour les visites individuelles sur www.tourisme93. com Temps d'arrêt : 75 min. Retour sur le canal. La balade se poursuit le long des berges, au fil des ponts devenus le terrain de jeu favori des tagueurs et artistes urbains. Avec un bonheur inégal. Le paysage environnant n'est pas ce qu'il y a de plus romantique avec ses vastes zones commerciales en surplomb mais le cadre s'améliore rapidement...Après quelques kilomètres, les chemins de halage et les forêts de châtaigners environnantes adoucissent l'atmosphère. Le temps de rejoindre et de poser le pied au parc forestier de la Poudrerie. Cet espace vert, en lisière de Sevran, largement boisé abritait jusque dans les années 1980 un site industriel destiné à la production de poudres et d'explosifs.Allée Eugène Burlot 93410 Vaujours Temps d'arrêt : 45 min.