Nous écrivions la semaine dernière déjà que le thème de la réflation (la combinaison d'une relance économique et d'une hausse de l'inflation) domine actuellement sur les marchés boursiers européens. La situation est idéale pour le secteur des matières premières, qui se distingue depuis plusieurs mois en Bourse.
...

Nous écrivions la semaine dernière déjà que le thème de la réflation (la combinaison d'une relance économique et d'une hausse de l'inflation) domine actuellement sur les marchés boursiers européens. La situation est idéale pour le secteur des matières premières, qui se distingue depuis plusieurs mois en Bourse. Ces douze derniers mois, l'indice Stoxx 600 Basic Resources a progressé de 75 %, contre une hausse de 13 % pour l'indice européen large Stoxx 600. La situation contraste nettement par rapport à celle observée sur cinq ans. L'indice Stoxx 600 affiche en effet une surperformance de 66 % par rapport à celui des ressources de base (+41 % contre -15 %) sur la période. Si l'on prend comme point de départ l'élection de Donald Trump au poste de président américain, l'indice des ressources de base a surperformé de plus du double l'indice européen large (+28 % contre +12 %). Une fois encore, le secteur avait déjà dépassé le plancher, mais la perspective d'une relance économique (elle-même soutenue par des travaux d'infrastructure) et d'une progression de l'inflation a soutenu dans une large mesure les valeurs du secteur des matières premières. L'ampleur du redressement de l'an dernier est notable. N'oublions pas que début 2016, en pleine crise de la croissance chinoise, le marché se demandait notamment si Glencore et Freeport-McMoRan, accablés de dettes, pourraient survivre. Un an plus tard, leurs cours de Bourse affichent respectivement 148 % et 78 % de plus qu'à l'époque. La semaine dernière, les groupes miniers Anglo American,BHP Billiton et Rio Tinto ont annoncé le redressement de bénéfice le plus spectaculaire depuis au moins 2007, sous l'effet combiné de réductions drastiques de coûts, d'un allègement des dettes, de la vente d'actifs et du redressement des prix des métaux. Les projections des analystes ont été rapidement dépassées. Désormais, ces groupes semblent pouvoir produire des bénéfices et non plus uniquement accumuler les dettes. Les dividendes sont restaurés, voire relevés dans une mesure plus large que prévu. Ainsi BHP Billiton a-t-il pu annoncer pour mars un dividende intérimaire de 0,40 dollar, alors qu'en 2016, le total des dividendes intérimaire et final s'élevait à seulement 0,30 dollar. Les rapports publiés notamment par Morgan Stanley et Jeffries évoquent de plus en plus souvent une pénurie, un déficit d'offre des matières premières, alors que les années précédentes, ils en détaillaient l'excédent. Goldman Sachs estime toutefois que le marché des matières premières anticipe largement la hausse de la demande et la baisse des stocks. D'après la banque d'affaires américaine, nous pourrions en avoir bientôt la confirmation. Pour l'heure cependant, le secteur s'offre une pause après la sensible hausse des derniers mois. Nyrstar (lire l'analyse en page 6) reste hélas à la traîne, même depuis la publication de ses résultats annuels. NYRSTAR EST TOUJOURS EN NET RETRAIT PAR RAPPORT À SON SECTEUR.