"Les 24 Heures du Mans écrivent l'histoire, Le Mans Classic la raconte ". Voilà comment Peter Auto, la société organisatrice, présente cet événement dédié au passé de la plus mythique des courses d'endurance. Lancée en 2002, Le Mans Classic est devenue une véritable institution pour les amateurs de voitures historiques. Cette course se tient tous les deux ans, au début du mois de juillet. Pour les participants, le droit d'inscription est très strict : toutes les voitures engagées doivent être issues d'un modèle ayant participé en son temps aux 24 Heures du Mans. Des voitures authentiques, donc, qui se livrent bataille pendant un double tour d'horloge sur le mythique tracé de la Sarthe. Bien sûr, les vieilles dames de l'automobile ne tournent pas en continu, ce n'est plus de leur âge. Les voitures sont réparties en six " plateaux " (de 1923 à 1981) et se disputent la piste au gré de manches de 45 minutes. Mais les courses s'enchaînent durant toute la nuit, pour maintenir le manège en éveil pendant 24 heures. Le spectacle est donc continu pour le public.
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"Les 24 Heures du Mans écrivent l'histoire, Le Mans Classic la raconte ". Voilà comment Peter Auto, la société organisatrice, présente cet événement dédié au passé de la plus mythique des courses d'endurance. Lancée en 2002, Le Mans Classic est devenue une véritable institution pour les amateurs de voitures historiques. Cette course se tient tous les deux ans, au début du mois de juillet. Pour les participants, le droit d'inscription est très strict : toutes les voitures engagées doivent être issues d'un modèle ayant participé en son temps aux 24 Heures du Mans. Des voitures authentiques, donc, qui se livrent bataille pendant un double tour d'horloge sur le mythique tracé de la Sarthe. Bien sûr, les vieilles dames de l'automobile ne tournent pas en continu, ce n'est plus de leur âge. Les voitures sont réparties en six " plateaux " (de 1923 à 1981) et se disputent la piste au gré de manches de 45 minutes. Mais les courses s'enchaînent durant toute la nuit, pour maintenir le manège en éveil pendant 24 heures. Le spectacle est donc continu pour le public. Dans les coulisses de ce grand cirque, se dresse le " village " du Mans Classic. Dans cette enceinte, les pas résonnent aussi fort que les échappements des moteurs. Le public afflue en masse : lors de la dernière édition, il y avait 123.000 spectateurs durant tout le week-end. Une foule qui fourmille sur une planète à part, où 200 exposants ont élu résidence, dont de nombreux clubs de marques automobiles. Ce sont plus de 8.000 voitures anciennes qui s'exhibent dans leur parcelle ou paradent sur les sentiers du village. Une cité qui semble sortie de l'univers des films de Mad Max, avec des pilotes casqués et cagoulés qui font hurler leurs moteurs d'une simple pression du pied. Des détonations qui fusent de partout. Dans ce brouhaha, on trouve aussi des spectacles de danse des sixties, des orchestres itinérants ou encore un salon de coiffure rétro. Des brigades de la Garde républicaine feignent de mettre de l'ordre dans ce fatras, paradant sur leur moto d'époque. Le public a donc de quoi se divertir et peut immortaliser l'événement en acquérant des affiches, miniatures ou ouvrages vendus sur place. Les plus nantis peuvent même s'offrir de prestigieuses voitures classiques, issues de la centaine de lots exclusifs présentés par la maison Artcurial ( lire notre encadré " Vente aux enchères "). Les choses sérieuses ne commencent vraiment que le samedi, sur le coup de 16 h, lorsque le départ de la course est donné. Honneur aux aînées : les premières à partir sont les voitures datant de 1923 à 1939. Le commissaire de course donne le signal en abaissant le drapeau tricolore. Tous les pilotes se ruent alors vers les machines, parquées en épi le long de la piste. En 2006, une jeune femme a refusé de prendre part à ce ballet. Elle a pris son temps sur la grille, marchant lentement vers sa voiture, comme l'avait fait son père en 1969 pour dénoncer les conditions de sécurité des pilotes. Cette jeune femme, c'est bien sûr Vanina Ickx, la fille de Jacky. Le pilote belge avait finalement remporté la course après avoir démarré en dernier, prouvant que rien ne sert de courir, bien qu'il ne soit pas parti à point... On rappellera qu'après 1969, le départ en courant fut abandonné, suite à cette intervention de Jacky Ickx. Mais au Mans Classic, on le fait revivre, juste pour le fun. Du moins pour les quatre plateaux les plus anciens : les deux autres, sensiblement plus rapides, pratiquent un départ lancé. Le Mans Classic est une rétrospective, pas une véritable course. Mais l'événement accueille toutefois de grands noms du sport automobile. Cette année, parmi les 389 pilotes engagés issus de 26 nationalités, on compte cinq anciens vainqueurs des 24 Heures du Mans. Il s'agit de Derek Bell (qui roulera sur une Porsche 917 LH 1969), Jochen Mass (Porsche 911 Carrera RSR 3.0L 1974), Stéphane Ortelli (Porsche 904/4 GTS 1964), Henri Pescarolo (Inaltera Le Mans 1976) et Marco Werner (Lola T212 FVC 1971 et Lotus Mark IX 1955). On note aussi la présence de trois anciens pilotes de Formule 1 : René Arnoux (sur BMW M1 Procar 1979), Paul Belmondo (Porsche 935 1981) et Jacques Laffite (Lola T70 Mk III 1966). Les organisateurs nous promettent encore quelques autres célébrités en guise de surprise. Aux mains des pilotes, on trouvera cette année environ 500 voitures historiques de compétition. Dans le plateau 1, catégorie qui réunit des véhicules d'entre-deux-guerres (1923-1939), les grosses Bentley 4,5 litres Blower et Mercedes SSK se mêleront notamment aux plus fluettes mais non moins rapides BMW 328 et Bugatti Type 35. Sans oublier d'autres modèles français de l'époque, comme les Delage 3 Litre Sport, Delahaye 135 S ou encore Talbot 105. Les plateaux 2 (1949-1956) et 3 (1957-1961) nous transporteront dans l'immédiat après-guerre, quand les voitures commençaient à soigner leur aérodynamisme. On pense aux Aston Martin DB, Austin Healey, Jaguar Type D, Lancia Aurelia, Maserati 250 S, etc. Le plateau 4 (1962-1965) illustrera l'engagement des Américains au Mans, avec les mythiques Ford GT40, Shelby Cobra, Chevrolet Corvette, qui rivaliseront avec des productions européennes, comme les Ferrari 250 LM ou 275 GTB, Jaguar Type E ou autres Porsche. On trouvera aussi plusieurs Alpine. Le rythme s'accélérera fortement dans le plateau 5 (1966-1971), où les prototypes Ferrari 512 et Porsche 917 s'affronteront comme dans le fameux film Le Mans, dans lequel jouait Steve McQueen. Le duel sera orchestré par les Chevron B19, Lola T70 ou encore par la Howmet TX à turbine. Enfin, dans le plateau 6 (1972-1981), les prototypes BMW, Ferrari, Porsche et autres feront littéralement bourdonner les oreilles du public. Dans chaque catégorie, les bolides déboulent des courbes tout en glisse en faisant crépiter leurs échappements, menés à bride abattue par des pilotes qui, emportés par la puissance de l'événement, oublient pour un instant la valeur inestimable de leur pur-sang. Mais c'est une fois la nuit venue que Le Mans Classic distille tout son charme. Les lumières artificielles prennent alors le pas sur les rayons du soleil et plongent le circuit dans un clair-obscur fascinant. Les phares des bolides percent l'horizon dans un grondement ténébreux qui couvre entièrement la voix du speaker. Une ambiance féerique, qui se drape d'effluves d'huile de ricin, le parfum original des bolides d'antan... Les spectateurs déambulent dans cette étrange atmosphère, se cherchent une tribune bien agencée ou sirotent un rafraîchissement sur les terrasses aménagées. Pour s'imprégner totalement du moment présent, des campings s'érigent tout autour du circuit. Derrière la mince toile de leur tente, les visiteurs ne sauraient manquer une seconde du concerto provenant de la piste. Et mieux vaut en profiter car le dimanche à 16 heures, la sérénade touchera à sa fin, les stands seront démontés et il faudra attendre l'an 2020 pour le prochain voyage dans le temps...