Luc Popelier a occupé pendant six ans le poste de CFO du groupe KBC. Dans quelques mois, l'Anversois de 52 ans reprendra la direction de la division Marchés internationaux, à savoir les activités de KBC en Slovaquie, Hongrie, Bulgarie et Irlande, ainsi que la salle des marchés, KBC Securities, les financements spécialisés et KBC Asset Management.

Pendant ces six années, Luc Popelier a jeté les bases du remaniement réussi du bancassureur flamand. Il a commencé par faire le grand nettoyage. " Nous avons progressivement mis un terme ou vendu toutes les activités non principales, explique-t-il. Dans un contexte difficile, nous avons resserré le bilan du groupe KBC de 30 % et réduit les actifs pondérés de 40 %. Au lendemain de la crise, sur les cinq candidats repreneurs de notre activité bancaire en Pologne, il n'en restait plus qu'un : Santander. Malgré cela, nous en avons obtenu un bon prix. "

Les nombreux désinvestissements ont permis à KBC de se recentrer sur les activités dans lesquelles excelle le bancassureur, dixit le CFO : " La satisfaction du client est essentielle. La croissance n'est possible qu'à cette condition ". L'excellente gestion des coûts et une bonne communication en toute transparence ont fait le reste : KBC a réussi à restaurer la confiance à la fois des clients et des investisseurs.

" Nous avons fait clairement comprendre au monde extérieur où nous en étions et ce qu'il restait à faire, précise Luc Popelier. En l'espace d'un an et demi, nous avons pu lever cinq milliards d'euros pour renforcer notre position financière. " Par le biais d'une augmentation de capital et l'émission de toutes sortes d'instruments financiers hybrides : " Chaque émission a remporté un franc succès. Nous sommes aujourd'hui une des banques européennes les mieux dotées ". Cerise sur le gâteau : la banque a remboursé intégralement le solde des aides d'Etat fin 2015, cinq ans plus tôt que prévu.

En qualité de CFO, Luc Popelier dit devoir fournir des informations objectives pour permettre au comité de direction de prendre les bonnes décisions stratégiques : " Il ne suffit pas de présenter des chiffres, encore faut-il aider à les interpréter. Mon rôle est aussi celui d'un challenger. Le CFO se doit d'évaluer chaque décision à l'aune de la valeur créée pour les clients et les actionnaires. Il doit attirer l'attention sur les risques encourus. La décision est-elle conforme à la stratégie ? L'acquisition cadre-t-elle avec la politique de la banque ? Est-elle raisonnable en termes de finances et d'exploitation ? "

CFO du groupe KBC, Luc Popelier ne se considère pas comme " the one man in control " (le seul homme en charge) : " Dans chaque pays, nous collaborons avec des équipes financières locales autorisées à décider rapidement en toute autonomie dans des limites bien définies. Ce qui nous permet de réaliser des synergies et de préserver la spécificité locale. Nous veillons toutefois à ce que tous nos collaborateurs parlent la même langue financière et respectent la même culture d'entreprise ".

Outre le département financier, Luc Popelier est également responsable des services ICT (et de leur transformation numérique), des affaires juridiques et fiscales, et de certaines procédures back-office comme le dépôt et la liquidation des titres (custody, clearing & settlement). Quelque 3.000 personnes travaillent sous son autorité. " Pareille responsabilité ne peut être assumée qu'à condition d'être bien entouré ", souligne- t-il.

Patrick Claerhout

"En l'espace d'un an et demi, nous avons pu lever cinq milliards d'euros pour renforcer notre position financière. " Luc Popelier