Jusqu'ici, tous les candi-dats avaient fait chou blanc. Transat, le groupe fondé dans les années 1980 par François Legault, ancien Premier ministre québécois, et Jean-Marc Eustache, désirait continuer seul. Il faut dire que jusqu'il y a quelques années, la société, à la fois tour-opérateur et compagnie aérienne, était une véritable success-story. Avec 39 avions, elle dessert l'Europe, le Canada et, surtout, 34 destinations dans le sud (Floride, Mexique, etc.) dont les Canadiens sont évidemment friands l'hiver. Mais à l'instar de Thomas Cook en Angleterre, l'entreprise a commencé à souffrir de sa trop forte dépen-dance à l'offre touristique où les marges sont moins élevées que sur des vols classiques, et d'une concurrence de plus en plus accrue. Notamment de Rouge, la filiale d'Air Canada créée sur son modèle. Mais aussi d'Air Canada elle-même et de WestJet, l'autre grande compagnie du pays. Après les échecs rencontrés par Air France-KLM et par Québecor, du milliardaire Pierre-Karl Péladeau, et malgré une offre de dernière minute de Mach, puissant groupe immobilier de Montréal, c'est finalement Air Canada qui a emporté la mise. Une mise plus élevée que prévu, à 18 dollars l'action. Vendredi dernier, 94,7 % des actionnaires de Transat ont accepté le rachat qui verra le groupe aérien débourser 720 millions de dollars canadiens (490 millions d'euros) pour une entreprise qui a réalisé 3 milliards de dollars canadiens de chiffre d'affaires en 2018. Toutes les questions n'ont pas trouvé réponse pour autant. Notamment le sort des 5.000 employés de Transat et de son ancrage québécois. Avec en fer de lance, l'emploi du français sur les vols, régulièrement bafoué par Air Canada. La Belgique est impactée par ce rachat puisque tant Transat qu'Air Canada relient Montréal à Brussels Airport.