Le scandale qui éclabousse le géant belge de la viande Verbist (30 % du marché), et en particulier son atelier de découpe exploité par Veviba à Bastogne, secoue l'ensemble de la filière bovine. La suspicion de viande surgelée frauduleusement réétiquetée jusqu'à la pourriture et de haché contenant des parties de carcass...

Le scandale qui éclabousse le géant belge de la viande Verbist (30 % du marché), et en particulier son atelier de découpe exploité par Veviba à Bastogne, secoue l'ensemble de la filière bovine. La suspicion de viande surgelée frauduleusement réétiquetée jusqu'à la pourriture et de haché contenant des parties de carcasses impropres à la consommation fait craindre aux éleveurs d'importantes conséquences économiques. Secrétaire général de la Fédération wallonne de l'agriculture, Yvan Hayez relève des conséquences économiques directes et indirectes. " Après avoir étourdi la bête, lors de la saignée, il faut retirer plusieurs parties impropres pour peser ensuite la carcasse et rémunérer le producteur, explique-t-il. Dans ce cas-ci, l'entreprise retirait beaucoup trop, pour ensuite réintroduire ce qu'elle avait retiré dans la chaîne. Elle rémunérait donc moins le producteur, et valorisait ensuite ces éléments pour se faire payer plus. " Notre interlocuteur relève ensuite le discrédit qui est jeté, selon lui, sur l'ensemble de la filière. " Du fait de la perte de confiance des consommateurs, le marché va être entraîné à la baisse. La demande va baisser, et l'offre étant trop importante, les prix vont chuter. " Les exportations aussi risquent de prendre un sérieux coup. Le secteur produit aujourd'hui plus d'une fois et demi nos besoins nationaux (163%). " Les pays exportateurs, par stratégie, ne vont plus vouloir travailler avec nous, craint Yvan Hayez. Nous allons donc nous retrouver avec plus de viande dans le pays, ce qui va encore accentuer la pression à la baisse des prix. "