Auparavant, un assureur avait peu de contacts avec ses clients, si ce n'est lors d'un sinistre. En dehors de cette désagréable circonstance, les assureurs devaient se débrouiller par eux-mêmes pour récolter le maximum d'informations sur leurs clients. Via des questionnaires détaillés, par exemple. Mais tout cela va changer. Les rapports entre les deux parties vont s'intensifier grâce à la révolution numérique.
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Auparavant, un assureur avait peu de contacts avec ses clients, si ce n'est lors d'un sinistre. En dehors de cette désagréable circonstance, les assureurs devaient se débrouiller par eux-mêmes pour récolter le maximum d'informations sur leurs clients. Via des questionnaires détaillés, par exemple. Mais tout cela va changer. Les rapports entre les deux parties vont s'intensifier grâce à la révolution numérique. C'est déjà le cas pour les assurances dans l'automobile. Certaines compagnies comme Axa ou Allianz, pour ne citer qu'elles, proposent à leurs assurés des boîtiers encastrés sous le volant pour mesurer leur qualité de conducteurs. Ce boîtier mesure de manière continue l'intensité de freinage, les accélérations, les prises d'angle dans les virages, etc. Bien entendu, le facteur le plus important et qui sera mesuré en premier lieu, c'est la fréquence des freinages brusques : ceux-ci sont le signe d'une conduite trop sportive. Ce système préfigure l'assurance automobile de demain. Chez Allianz ou Axa, l'assuré ainsi " espionné " peut réduire sa prime jusqu'à 30 % s'il est jugé bon conducteur. Il s'agit d'une étape importante vers l'individualisation des risques... et donc des primes. Pour le moment, la prime ne peut que descendre. Mais c'est un leurre à plus long terme : les assurances ne sont pas des institutions de charité et elles ont une rentabilité à garantir aux actionnaires. Le patron français d'Axa Global Direct a d'ailleurs reconnu qu'il avançait prudemment sur ce terrain, car le système, installé sur plusieurs milliers de voitures de l'Hexagone, en- gendre pour les conducteurs qui l'ont accepté une baisse moyenne des tarifs de l'ordre de 21 %. Et Axa doit s'assurer que le dispositif reste rentable... Dans la récolte de données sur les conducteurs, les assureurs sont aussi en concurrence avec les constructeurs automobiles. Ces derniers ne cachent pas leur volonté d'encastrer de série des boîtes noires sur leurs nouveaux modèles. Cela leur permettrait d'engranger et analyser des milliards de données. Une véritable mine d'or. Qu'on le veuille ou non, nous sommes devenus de la chair à algorithmes. AMID FALJAOUILe boîtier espion, installé sur plusieurs milliers de voitures en France, engendre pour les conducteurs qui l'ont accepté une baisse moyenne de leur prime d'assurance de l'ordre de 21 %.