En 1999, le PS propose à Stéphane Moreau une place éligible sur les listes électorales. S'il accepte, il sera député. Il refuse. Il préfère prendre la direction de l'intercommunale liégeoise s'occupant des services d'incendie. " Ce jour-là, il choisit l'ombre à la lumière. Sa carrière politique se fera dans les rouages de l'économie liégeoise ", pointe le journaliste François Brabant,...

En 1999, le PS propose à Stéphane Moreau une place éligible sur les listes électorales. S'il accepte, il sera député. Il refuse. Il préfère prendre la direction de l'intercommunale liégeoise s'occupant des services d'incendie. " Ce jour-là, il choisit l'ombre à la lumière. Sa carrière politique se fera dans les rouages de l'économie liégeoise ", pointe le journaliste François Brabant, auteur du livre L'histoire secrète du PS liégeois. Ce choix a deux avantages : il évite de s'attaquer frontalement à la forte concurrence politique locale, tout en mettant la main sur des leviers de pouvoir qui s'avéreront bien plus rémunérateurs qu'un mandat politique. Propulsé par son mentor Michel Daerden, le jeune loup enchaîne les missions en principauté (Ville de Liège, Palais des Congrès, Halle des Foires, etc.). Partout où il passe, il doit rationaliser et maîtriser les coûts de structures publiques rétives au changement. " Certains l'accusent d'avoir une vision trop libérale, de vouloir tuer le service public. D'autres défendent son entreprise de modernisation ", explique François Brabant. Lorsqu'il prend la tête de l'ALE, l'intercommunale d'électricité, Stéphane Moreau met la main sur l'outil public idéal pour étendre son pouvoir à Liège. Son projet : la création d'un pôle d'activités censé dynamiser le bassin économique local, durement touché par l'effondrement de la sidérurgie. Cela tombe bien, ce rêve trotte dans la tête de nombreux politiques liégeois - tous bords confondus - depuis des décennies. C'est donc avec la bénédiction des édiles locaux que Stéphane Moreau entreprend de créer Tecteo, Nethys, Publifin et toutes leurs ramifications publiques et privées.Affaibli par des problèmes de santé, Stéphane Moreau, qui refuse depuis des années de s'exprimer sur son projet industriel et vient d'abandonner le maïorat d'Ans, s'apprête aujourd'hui à rendre des comptes. Fidèle à sa réputation, il défendra chèrement sa peau.