On le sait : le jeu lent est la plaie du golf. C'est vrai lors des parties amicales du dimanche entre joueurs amateurs. C'est vrai aussi lors des grands tournois professionnels. " Notre sport doit se remettre en question. La nouvelle génération, prisonnière d'un agenda professionnel et familial intense, n'a plus le temps de consacrer une journée entière pour un parcours de 18 trous. Et, à l'heure du zapping, le téléspectateur moderne n'est plus prêt à passer cinq heures devant sa télé pour suivre intégralement une compétition ", résume le champion Rory McIlroy qui se ...

On le sait : le jeu lent est la plaie du golf. C'est vrai lors des parties amicales du dimanche entre joueurs amateurs. C'est vrai aussi lors des grands tournois professionnels. " Notre sport doit se remettre en question. La nouvelle génération, prisonnière d'un agenda professionnel et familial intense, n'a plus le temps de consacrer une journée entière pour un parcours de 18 trous. Et, à l'heure du zapping, le téléspectateur moderne n'est plus prêt à passer cinq heures devant sa télé pour suivre intégralement une compétition ", résume le champion Rory McIlroy qui se fait l'interprète d'une grande partie de la famille du golf international. Les instances mondiales ont parfaitement compris le problème et les enjeux. Et, en coulisses, elles commencent à s'activer. Le très traditionnel Royal & Ancient, gardien des règles du sport de St Andrews, a déjà commandité différentes études et a même testé un nouveau concept : le " Ready golf ". Objectif avoué : accélérer le jeu en autorisant le joueur qui est prêt à jouer en premier. Une vraie révolution. Jusqu'ici, il revenait obligatoirement au golfeur dont la balle était la plus éloignée du drapeau de frapper d'abord. Avec cette formule de jeu, le règlement est bien plus souple. Si un joueur réfléchit à son coup ou s'il cherche sa balle dans le rough, son adversaire peut jouer avant lui, même s'il est plus près du trou. Même chose sur le green où, souvent, les séances de putting et de lecture de lignes s'éternisent bien trop longtemps. La philosophie du first ready, first play n'a pas encore été élevée au rang de règle. Mais les essais effectués - notamment lors du très sérieux " British Amateur " - ont été positifs avec un gain de temps avéré de près d'une demi-heure pour une partie sur 18 trous. Et, avec l'habitude, le trafic sur les fairways pourrait encore être rendu bien plus fluide. En attendant, l'European Tour est déjà passé discrètement à l'action. En juin prochain, lors du Shot Clock Masters qui se disputera en Autriche, un nouveau règlement sera officiellement appliqué pour lutter contre le fléau du jeu lent avec l'arrivée d'un véritable chronométrage. Le premier joueur d'un flight aura droit à 50 secondes pour frapper sa balle, le second et le troisième à 40 secondes. Pas une de plus sous peine de sanction. Et il ne s'agira plus d'une simple amende - qui ne fait peur à aucun joueur professionnel - mais bien d'une pénalité de points. Concrètement, un champion pourra donc parfaitement perdre un tournoi sur le tapis vert en raison de sa lenteur. Cette décision devrait permettre aux professionnels de boucler leur parcours en quatre heures maximum lorsqu'ils jouent à trois. Et ils enverront surtout, en filigrane, un message très clair à tous les joueurs amateurs et notamment à la nouvelle génération.