"Il s'agit d'une programmation collective, dans la mesure où tout le monde participe aux prises de décision via des groupes de travail. Il y a des agriculteurs bien évidemment mais aussi de gens issus d'autres milieux, comme l'enseignement, ou des associations façon Colibris, basée sur l'action citoyenne. Nous faisons une sélection des films et nous les proposons aux partenaires d...

"Il s'agit d'une programmation collective, dans la mesure où tout le monde participe aux prises de décision via des groupes de travail. Il y a des agriculteurs bien évidemment mais aussi de gens issus d'autres milieux, comme l'enseignement, ou des associations façon Colibris, basée sur l'action citoyenne. Nous faisons une sélection des films et nous les proposons aux partenaires du festival qui mettent en place des projections, des expositions et font venir des producteurs locaux ". A la coordination de l'événement et du projet Terres fermes, la Rochefortoise Géraldine Cambron a cette énergie communicative conforme à une manifestation hors normes. Vingt-et-un lieux de projections dispersés en provinces de Namur et de Luxembourg, pour une quarantaine de films mixant docs ou fictions, d'ici et d'ailleurs. Que retenir de cette huitième édition d'un festival prévu tous les deux ans? Le nouveau film marrant des Belges Patar & Aubier, Les grandes vacances, moyen métrage excité et wallonisant (gros travail sur les accents) des champions de l'animation belge décalée. On y voit le bestiaire habituel des réalisateurs, messieurs Cowboy et Indien, plus un cochon, celui-ci nous amenant inévitablement à parler de Gunda, impressionnant documentaire norvégien qui raconte le quotidien d'une truie et de sa progéniture. Et entre le récit fictionnel d'une famille coréenne tentant de s'intégrer dans l'Arkansas rural ( Minari), la petite merveille de Wes Anderson ( Mr Fantastic Fox) ou une comédie racontant des poules mises en scène sur le net ( Roxane), le champ filmique est large, ne ressassant en rien les clichés pastoraux. "Difficile de ne retenir qu'un seul film, admet Géraldine Cambron mais Honeyland, qui raconte la récolte du miel de manière traditionnelle dans les montagnes de Macédoine ( photo), est remarquable."