Et si la performance boursière passait par une meilleure représentation des femmes au sein des conseils d'administration des grands groupes cotés ? Cette idée a constitué la base de toute une série de recherches entreprises par le Credit Suisse Research Institute (CSRI) durant les sept dernières années. La dernière étude, publiée à la fin 2016, avait ainsi passé en revue 27.000 postes décisionnels au sein de 3.400 parmi les plus importantes entreprises au niveau mondial.
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Et si la performance boursière passait par une meilleure représentation des femmes au sein des conseils d'administration des grands groupes cotés ? Cette idée a constitué la base de toute une série de recherches entreprises par le Credit Suisse Research Institute (CSRI) durant les sept dernières années. La dernière étude, publiée à la fin 2016, avait ainsi passé en revue 27.000 postes décisionnels au sein de 3.400 parmi les plus importantes entreprises au niveau mondial. " Notre étude la plus récente a confirmé le lien clair existant entre une amélioration de la performance (boursière et opérationnelle) avec une présence plus importante des femmes dans les postes dirigeants, soulignent à ce titre les auteurs de l'étude. Ces entreprises ayant une meilleure représentativité ont tendance à générer des rendements sur fonds propres (ROE) plus élevés, tandis que leur situation financière sera gérée de manière plus conservatrice. " Cette étude a également permis de constater que, dans les entreprises où les femmes occupent la majorité des postes dirigeants, " la croissance du chiffre d'affaires est plus rapide, avec des flux de trésorerie plus élevés, un moindre recours à l'endettement, et un niveau de payout significativement plus élevé ". Pour autant, la bataille est encore loin d'être gagnée en dépit des progrès réalisés depuis 2010, notamment sous l'impulsion donnée par certains pays européens qui ont imposé des quotas à atteindre dans les organes dirigeants des grandes entreprises. " Les progrès ont été les plus sensibles en Europe, avec une progression de la représentation féminine de 80 % depuis 2010, même si la tendance à l'amélioration est notable partout sur la planète ", souligne l'étude. Au niveau global, la proportion de femmes dans les conseils d'administration est passée de 9,6 % à 14,7 % entre 2010 et 2016 ; et de 12,7 % à 16,6 % aux Etats-Unis. En Belgique, la tendance a également été bien orientée, avec un pourcentage de présence féminine qui a pratiquement doublé, de 15,2 à 27,9 % entre 2010 et 2016. Les meilleurs élèves au niveau mondial étaient (à fin 2016) la Norvège (46,7%), la France (34%) et la Suède (33,6%). L'étude souligne toutefois que ces mesures, bénéfiques à une meilleure représentativité des femmes dans l'entreprise, ont parfois eu tendance à assécher en interne le nombre de candidates susceptibles d'atteindre des postes à responsabilité dans les entreprises. " Dans l'ensemble, une forte représentation féminine dans les organes dirigeants reste encore davantage une marque de différenciation qu'une norme bien établie ", indiquent dans leurs conclusions les auteurs de l'étude. Sur base des chiffres de 2016, le CSRI souligne que les investisseurs se focalisant sur les entreprises affichant une meilleure mixité auraient pu dégager (depuis 2005) une performance annuelle de 3,5 % supérieure à celle d'un groupe de sociétés dont le conseil d'administration serait exclusivement composé d'hommes. Une partie de cette performance s'explique par le fait que les femmes sont davantage présentes dans la direction d'entreprises appartenant aux secteurs des biens de consommation, des sociétés immobilières ou des soins de santé, et notamment moins (par exemple) dans les valeurs industrielles ou dans la production de ressources naturelles. Sur base de ces différentes études, le Credit Suisse s'est associé au fournisseur d'indices STOXX pour créer l'indice iSTOXX Global Women Leadership Select 30, un indice de 30 sociétés internationales sélectionnées parmi les composantes de l'indice global STOXX Global 1800. La méthode de sélection comportera plusieurs étapes : - un classement des 1.800 sociétés en fonction de la proportion de femmes dans le conseil d'administration, et seules les 900 meilleures seront retenues ; - un filtre qui permettra d'éliminer les actions historiquement très volatiles (sur un et trois ans) pour ne retenir que les 300 sociétés les plus stables ; - dans ce groupe, les 30 actions affichant les dividendes les plus élevés intégreront la composition de l'indice, et seront pondérées en fonction de leur volatilité, les moins volatiles se voyant attribuer un poids plus important. Parmi les actions composant cet indice à la fin mai, nous trouvions des noms tels que Vodafone, Unibail Rodamco, Swiss Re, Klépierre ou GlaxoSmithkline ; avec de forts biais sectoriels sur les télécoms, l'immobilier ou les compagnies d'assurances. Et niveau géographique, ce sont les groupes européens et australiens qui se taillent la part du lion. Sur base de cet indice iSTOXX Global Women Leadership Select 30, AG Insurance et BNP Paribas Fortis proposent depuis le 1er juin un fonds d'investissement de branche 23 (Smart Invest Bon Women Leadership 2027) qui va permettre de s'exposer sur l'évolution de cet indice pendant une durée de 10 ans, avec remboursement minimal de 100 % du montant net investi à l'échéance du produit structuré en cas de baisse de l'indice. En cas d'évolution favorable de l'indice, la plus-value dégagée par le client sera de 75 % de la hausse sur base des 31 derniers cours, sans plafond au potentiel de rendement. Si l'indice progresse de 100 %, le client engrangera donc 75 %. An De Troyer, product developer pour les produits de branche 23 chez AG Insurance, souligne que " la souscription à cette tranche est ouverte jusqu'au 30 juin, mais que plusieurs tranches dans cette gamme devraient être lancées durant les prochains mois en fonction de la demande ". " Une deuxième tranche devrait dans tous les cas être ouverte à la souscription au début du mois de juillet, ajoute-t-elle. Jusqu'à présent, nous avons reçu un accueil très positif de nos clients, même si cette thématique doit encore faire son petit bout de chemin dans leur tête. " An De Troyer souligne toutefois qu'une forte baisse des taux d'intérêt pourrait limiter la capacité de l'assureur à proposer ce type de produits dans le futur, et notamment de pouvoir structurer un produit avec une assurance de retrouver 100 % du montant investi à l'échéance du produit. Le produit est une exclusivité belge pour les prochains mois, et ne devrait être dans un premier temps disponible que par l'intermédiaire du réseau de BNP Paribas Fortis. S'agissant d'un produit de branche 23, un taxe de 2 % sera prélevée sur la prime versée, et la plus-value sera exemptée de précompte mobilier. Il n'y aura pas de versement de dividende, même si la capacité d'une entreprise à verser des dividendes fera partie du processus de sélection des titres de l'indice. " Les femmes apportent de la plus-value dans la prise de décision par rapport aux conseils d'administration où il n'y a que des hommes, avec plus de consensus dans les discussions, un point de vue différent sur les grandes décisions à prendre et plus d'aversion à la prise de risques inconsidérés, indique Bernadette Migisha, gestionnaire de produits structurés de branche 23 chez AG Insurance. Smart Invest Bon Women Leadership 2027 répond également à un intérêt croissant pour la thématique d'une meilleure gouvernance dans les grandes entreprises. " Frédéric Dineur