1. Eneco, troisième fournisseur d'énergie en Flandre et quatrième en Wallonie, a décidé d'arrêter ses contrats fixes. Qu'en pensez-vous?
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1. Eneco, troisième fournisseur d'énergie en Flandre et quatrième en Wallonie, a décidé d'arrêter ses contrats fixes. Qu'en pensez-vous? Nous avons effectivement constaté depuis le mois de novembre que plusieurs fournisseurs, surtout des petits, ne voulaient plus offrir de contrats à prix fixe. C'est un choix stratégique et de gestion qu'ils sont en droit de faire dans un marché libre. C'est sans doute une situation temporaire: quand on retrouvera plus de stabilité sur les marchés, les contrats fixes feront leur retour. Aujourd'hui, en Belgique, deux tiers des ménages et des entreprises ont des contrats à prix fixe, un tiers des contrats à prix variable. En comparant les prix, il y a toujours moyen de trouver une offre intéressante. C'est en tout cas notre conseil principal: quand votre contrat arrive à échéance, comparez bien les offres du marché. Pour ceux qui disposent d'un contrat à prix variable, il est prudent d'augmenter, dès à présent, les acomptes afin d'éviter une mauvaise surprise au moment de la régularisation. 2. Cette décision prise par Eneco est-elle révélatrice de la mauvaise santé des fournisseurs d'énergie? Faut-il s'en inquiéter? Il y a effectivement une fragilisation de certains fournisseurs. On a déjà connu en Flandre la faillite du Vlaamse Energieleverancier, le 7 décembre dernier, qui comptait 70.000 clients. Nous recevons des signaux d'alerte de la part d'autres fournisseurs qui éprouvent des difficultés de paiement. Cela diffère d'une société à l'autre, bien sûr, en fonction de leur couverture du risque. Nous suivons en tout cas la situation de très près, nous avons des contacts plusieurs fois par semaine avec les régulateurs régionaux, ainsi qu'avec Elia et Fluxys, pour évaluer les retards de paiement. Lorsqu'un fournisseur tombe en faillite, comme ce fut le cas de Vlaamse Energieleverancier, nous veillons à ce que les clients soient approvisionnés via les fournisseurs de substitution, Fluvius en Flandre, Engie à Bruxelles et en Wallonie, ainsi que Luminus pour la région liégeoise. 3. Avez-vous un horizon pour une sortie de crise?Les prix que nous connaissons actuellement sont du jamais vu. Ils sont liés à une série de facteurs: la forte demande en raison de la reprise post-covid, le prix du CO2 sur les marchés, des soucis pour l'approvisionnement du gaz venant de Russie sur fond de tensions politiques... Les marchés fluctuent très fort. Nous pensions que cette crise et ces prix élevés seraient limités dans le temps, mais ce n'est pas le cas: cela devrait se prolonger ces prochains mois, voire ces prochaines années. Ce n'est pas une situation facile. Les mesures concernant le tarif social ont été prolongées par le gouvernement jusqu'en mars 2022. Pour le reste, notre message, plus que jamais, est de conseiller à tout le monde de comparer les prix.