Cette fin de législature wallonne nous aura décidément bien fait sourire. Désormais incapable de faire aboutir ses projets prioritaires depuis la défection d'une de ses députés, le gouvernement régional s'occupe déjà du programme de... son successeur. Il vient en effet de présenter, coup sur coup, deux ambitieu...

Cette fin de législature wallonne nous aura décidément bien fait sourire. Désormais incapable de faire aboutir ses projets prioritaires depuis la défection d'une de ses députés, le gouvernement régional s'occupe déjà du programme de... son successeur. Il vient en effet de présenter, coup sur coup, deux ambitieux plans d'investissement pour les prochaines années. Fin mars, nous avions eu droit à 2,3 milliards d'euros pour les bâtiments et équipements hospitaliers, voici maintenant 1,5 milliard pour l'amélioration des routes, voies d'eau et pistes cyclables. De tels investissements dans les infrastructures sont évidemment salutaires pour la Wallonie. Mais il est quand même piquant de les présenter en toute fin plutôt qu'en début de législature. La mise en oeuvre de ces plans reviendra de fait à la prochaine majorité. Et si la composition du gouvernement évolue, on est prêt à parier que les plans évolueront aussi... En d'autres termes, cela ressemble plus à des " promesses électorales " qu'à de véritables plans d'action, comme l'a pointé le ministre de l'Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt (PS), interrogé par La DH. Bon, nous sommes peut-être un peu sévères. D'une part, c'est plutôt une bonne chose de voir les politiques se projeter sur du long terme. D'autre part, les chantiers hospitaliers sont prévus avec un amortissement sur 25 ans et dépassent donc très largement l'horizon d'une législature. Et, en l'occurrence, les nouvelles règles de financement des hôpitaux, prélude à ce plan, ont été adoptées sous le gouvernement Magnette.